Mamoru Hosoda, le seul réalisateur dont la presse française ne fait pas la pub en le décrivant comme étant "Le Successeur de Hayao Miyazaki". Et vous savez quoi ? Tant mieux ! Car Mamoru Hosoda est mon réalisateur japonais préféré ! "La Traversée du Temps", "Summer Wars", "Les Enfants Loups : Ame & Yuki", "Le Garçon et La Bête", il a enchaîné les chefs d’œuvre depuis qu'il s'est envolé de ses propres ailes !
Son dernier film, "Miraï, ma petite sœur" m'a un peu moins marqué à cause de fondement qui ne m'ont semblé pas assez bien solide pour bien comprendre cet univers. Malgré tout, je continu d'attendre ses films, comme le nouveau messie ! Et c'était très frustrant de loupé les Avant-Premières de "BELLE", jusqu'à celle qui a été diffusé dans un de mes cinémas, un jour avant la sortie officielle.
Et concernant "BELLE"... Et bien j'en attendais peut-être trop, un peu comme un fan de Matrix qui espérer que le 4ème opus soit un chef d’œuvre qui change sa vie.
Comprenez-moi bien, j'ai beaucoup aimé ce film, mais je trouve qu'il y a plusieurs soucis de narration, Mamoru Hosoda répète quelques erreurs qu'il a commis avec "Miraï, ma petite sœur" et "Summer Wars", et ces soucis se remarquent beaucoup. Néanmoins, si Mamoru Hosoda, c'est pour arriver à des fins vraiment forts !
Pour résumé brièvement le film, Suzu, se créer un compte sur le nouveau réseau social, "U", qui est un véritable monde virtuel où notre avatar est relié à notre corps. Dans ce monde, elle devient "Bell", la nouvelle icône musicale adoré par tous, qui est en contradiction avec la vie de lycéenne timide qu'elle vit. Mais le calme dans "U" est perturbé par la présence d'un utilisateur, surnommé "Dragon", qui déchaîne sa colère dans le monde virtuel, ce qui malgré tout, attirera Suzu, qui a envie de comprendre pourquoi il est si déchaîné.
On va commencer par le principale problème du film, qui est similaire à celui de "Miraï, ma Petite sœur", l'univers n'est pas très bien construit. Dans "Miraï, ma Petite sœur", j'avais du mal à comprendre comment ces phénomènes surnaturelles arrivés, en dehors de l'explication de "La magie", là dans "BELLE", on sait qu'il y a tout un système, mais on a du mal à imaginer comment ça marche. Laissez-moi expliquer : On prend le cas de Suzu, qui alterne sa vie entre le monde réel et le monde virtuel... Lorsqu'elle est dans le monde virtuel, je n'arrive pas à imaginer ce que fait Suzu dans son corps dans la vie réelle pendant qu'elle est dans le monde virtuel. Pareil pour son avatar, quand Suzu n'est pas sur "U", on dirait que son avatar fait ce qu'elle veut. Après, ce n'est pas trop grave, car on devine que tout est bien organisé pour que ça puisse fonctionner de façon crédible (en comparaison, le dernier récompensé à l'oscar du meilleur film d'animation, "Soul", a un univers qui n'obéit à aucune règle, alors que cet univers ne devrait pas fonctionner sans règle), mais ça nous fait un peu sortir du film si on ne fait pas attention.
Il y a tout de même des choses très incompréhensible, par exemple... Comment Dragon fait pour avoir son propre château dans le monde virtuel ? On peut avoir une habitation dans "U" ? Cela n'a pas été dit quelque part... De plus, il a ses propres Intelligences Virtuelles qui protège l'accès à son château... Il y a de quoi se poser des questions.
J'ai également comparé le film à "Summer Wars", bon déjà on a un peu une réut du réseau social de "Summer Wars", mais contrairement à "Oz", "U" semble vraiment être présenté comme un monde virtuel où l'on peut retranscrire notre corps. Non, là où je compare à "Summer Wars", c'est le nombre de coïncidence.
Bon, c'est moins explicite que dans "Summer Wars", mais quand même :
On a, par exemple, le premier follower de Bell qui est, comme par hasard, le petit-frère de Dragon. Ou alors, on a les 5 femmes du club de chorale de Suzu qui sont, comme par hasard, les 5 sages qui ont fondés "U". C'est pas dis explicitement, mais c'est ce que leurs dialogues et leurs rôles laissent sous-entendre.
Le film a tout de même des problèmes de narration et d'écriture bien à lui. Par exemple, lors de l'enquête de Suzu et de son amie informaticienne, on passe beaucoup de temps sur des personnages qui sont censés être des fausses pistes, sauf qu'on devine par avance que ce sont de fausses pistes, il n'y a que le tatoué qui ferait un suspect crédible pour le spectateur, mais c'est celui qu'on présente en premier. Je trouve que ça fait un peu mal au rythme du film. C'est comme l'histoire de la mère de Suzu, et de comment elle est morte, je trouve que cela aurait apporté beaucoup plus de poids au film si on ne nous l'avait montré qu'à la fin.
Et le film n'échappe pas à quelques incohérences, j'ai parlé des Intelligences Virtuelles, mais il y a un truc qui m'a beaucoup dérangé. À plusieurs moments, on nous laisse entendre de façon très explicite qu'on ne choisit pas son apparence dans "U", à part les vêtements et le look, pourtant, il y a un personnage qui déclare avoir choisi l'apparence de bébé... Gné ?C'est peut-être une erreur de la VF. Et il y a aussi le moment où Suzu découvre qui est vraiment Dragon... Ce moment me fait poser de question sur comment son amie informaticienne l'a trouvé et sur la chronologie des événements qui se colle dessus.
Mais je me plains, je me plains, je me plains... Pourtant je note ce film 8/10. Et bien parce que ça reste du Mamoru Hosoda, et il nous exprime son talent à travers ce film (et à ses côtés, il a du beau monde pour l'aider, Tomm Moore et Ross Stewart en assistant réalisateur, les gars derrière le "Peuple Loup" ou Jim Kinn, un animateur coréen qui a travaillé sur beaucoup de Grands Classiques Disney récents).
L'histoire reste en grande partie prenante, et si on sort du film à cause de quelques soucis de scénario, on en pleine immersion dans d'autres scènes, ne serait-ce que la chanson finale de Suzu où l'on a envie de chanter en même temps qu'elle.
Les personnages secondaires n'apportent pas grand chose aux récits, si ce n'est pour servir de suspect pour le spectateur (à un moment, j'ai même envisager que Dragon pouvait être le père de Suzu...), mais ils sont très attachants avec leurs bonne humeur et leurs personnalités... Bon, l'amoureux de Suzu est un peu trop lambda, son chara-design ressemble à un mélange bâtard de tout les protagonistes masculins des films de Mamoru Hosoda et, petit étrangeté,
il découvre que Suzu est Bell... Comme ça ! Comment ? On ne sait pas. Qu'est-ce que cela apporte ? Rien...
, mais on arrive à pardonner leurs défauts.
Surtout lorsqu'on voit où cela nous mène ! Voyez-vous, je pense que vous le savez très bien, Mamoru Hosoda concentre le thème de ses films sur la famille (C'est systématique à partir de "Summer Wars", puisqu'à partir de là, Mamoru écrit les scénarios, ses précédents films étaient soient des adaptations, soient écrits par d'autres, ce qui n'empêche pas de trouver des briefs de ses thématiques dans ces autres films), et si à première vue, le thème de la famille n'a pas une place importante dans ce film, en vérité, Mamoru Hosoda sort des sentiers perdus pour raconter quelque chose de différent sur le thème de la famille, et là, c'est important de ne pas se faire spoiler :
On apprend que l'identité de Dragon est... Un inconnu qui ne fait pas parti de l'entourage de Suzu... Un gamin qui a un petit frère... Un gamin qui, comme Suzu, a perdu sa mère... Un gamin qui est maltraité par son père. Je trouve cela très intéressant que Mamoru Hosoda aille jusque là après avoir fait tant de film sur des familles qui s'entraident, et pour une fois, il nous montre une famille où tout va mal. Bon, malheureusement, cette révélation arrive à la fin du film, et on n'approfondit pas sur comment ces enfants se sont retrouvés dans cette situation. On nous en montre juste assez pour comprendre la gravité des choses, ce n'est peut-être pas suffisant, mais on comprend l'essentiel.
Je trouve le moment où Suzu s'interpose entre les enfants et leur père très intéressant. On ne nous dit pas pourquoi le père prend peur face à Suzu, Mamoru Hosoda laisse cela sujet à interprétation, mais je crois qu'on ait censé comprendre que Suzu ressemble à la mère des enfants (ou du moins, qu'elle ait les mêmes tâches de rousseur).
Maintenant qu'on a parlé de l'essentiel, concentrons-nous sur le reste :
-Le style dessin traditionnel de Mamoru Hosoda reste très bons.
-L'image de synthèse vogue entre le sublime et le acceptable.
-Le film est une bonne réinterprétation du conte de "La Belle et La Bête", bien que le film n'hésite pas à reprendre des trucs d'autres adaptations (non sérieux, à la fin, c'est mis en scène de façon différente, mais au début de la danse entre Bell et Dragon, on ne peut pas ne pas penser à la scène de danse de la version Disney).
-Le Doublage VF est plutôt bonne, pour la première fois, Louane offre une bonne performance, mais j'ai beaucoup de mal avec le doublage des 2 frères.
-La BO est excellente ! J'aurai toujours une préférence pour la BO de "Où est Anne Frank ?" pour comparer à un autre film sorti cette année, mais on est dans le haut du panier !
Ce film souffre d'un scénario qui s'enchaîne mal, et qui aurait pu être mieux rythmé, mais Mamoru Hosoda continu à nous offrir une histoire avec de bons personnages, un univers qui nous fait rêver et interprète le thème de la famille d'une nouvelle façon. Mamoru veut clairement nous faire comprendre qu'il ne veut pas se reposer sur ses lauriers, ce qui s'est peut-être produit avec "Miraï, ma Petite Sœur", et si le résultat n'est pas sans accro, je ne peux être qu'en admiration devant les ambitions ce maître de l'animation. Son dernier film vient à peine de sortir que je suis impatient de voir le prochain !