Place Clichy.
De toutes parts alentour une foule dense converge vers cet endroit s’épaississant à chaque pas. Mais où vont-ils ? Une immense file d’attente se forme ; au loin la silhouette massive d’un bâtiment majestueux se dessine à travers le crépuscule naissant : Bienvenue au Gaumont-Palace ! En quelques minutes 5000 personnes vont s’engouffrer dans ce temple parisien du cinéma pour découvrir un des plus grands films jamais réalisé grâce à une technologie cinérama dans un format de film l’Ultra Panavision 70 : projection par 2 caméras sur un écran de 340m². La salle de projection est réfrigérée et protégée contre le feu par des systèmes sophistiqués.
Ce film c’est Ben-Hur : Il est parfaitement et sciemment adapté au système Panavision/cinérama. ( voir wiki gaumont-palace et ben-hur pour + de détails).
Que dire du film lui-même ? Il vaut plus par son statut de film culte, de film le plus cher et autres records à son palmarés que par son scénario émaillé de longueurs. Charlton Eston est égal à lui-même assez moyen et démodé. L’ensemble du film est construit en vue de la course de chars finale et les effets spéciaux qui en sont le moteur. Bref, ressentir le frisson que l’on a eu à l’époque sur nos écrans d’aujourd’hui paraît bien impossible !
D’autant plus que ces sensations relevaient pour une part du lieu de projection : quand à l’entracte vous découvrez du haut du 2ème balcon les spectateurs qui, 40 m plus bas, ont l’air de miniatures animées, le bataillon d’ouvreuses qui vont devoir fournir des esquimaux à tout ce monde, vous êtes réellement impacté par la magie de ce cadre au point que 65 ans plus tard ces souvenirs restent gravés en vous : C’est ça le cinéma ou plutôt c’était…
Certes on a de nos jours d’autres technologies hautement appréciables, mais il est bien regrettable que l’on n’ait pas su préserver ce patrimoine : On a jeté le bébé et l’eau du bain. Inconscience et pur mercantilisme !