Beneath
4.3
Beneath

Film de Larry Fessenden (2013)

Un monstre dans l’eau, mais pas dans le fond

Beneath, réalisé par Larry Fessenden en 2013, avait tout pour devenir un petit film de genre efficace, voire un hommage sincère aux séries B aquatiques des années 70. Malheureusement, si le monstre est bien dans le lac, la tension, elle, reste en surface.


Le point de départ est pourtant engageant : un groupe de jeunes se retrouve piégé sur un canot au milieu d’un lac, traqué par un poisson géant. Un décor confiné, un prédateur invisible, des dynamiques humaines appelées à exploser : la recette semblait familière mais efficace. Pourtant, le film peine à tirer parti de ce huis clos potentiel. L’ambiance manque de mordant, et les interactions entre les personnages, censées révéler leurs failles ou leurs tensions, sombrent trop souvent dans la caricature.


Ce qui frappe, c’est la pauvreté de l’écriture. Les personnages sont schématiques, parfois même antipathiques, ce qui rend leur sort difficile à appréhender avec empathie. On sent que Fessenden veut explorer la nature humaine face à une menace invisible, mais la direction des acteurs et les dialogues plats rendent cette exploration peu crédible. L’escalade de la paranoïa est là, mais elle sonne faux.


Le monstre lui-même, bien que volontairement kitsch, aurait pu être le cœur battant du film. Mais même sur ce plan, Beneath reste timide. Le choix d’un effet pratique old school est louable et participe d’un certain charme rétro, mais le film ne parvient pas à rendre la créature réellement menaçante ou mémorable. Elle finit par apparaître comme un simple gimmick, une excuse pour lancer le drame humain, sans que l’un ou l’autre ne fonctionne pleinement.


Fessenden, pourtant cinéaste expérimenté du cinéma indépendant d’horreur, ne parvient pas ici à installer une tension durable. La mise en scène manque de rythme, les cadrages restent plats, et le montage ne parvient jamais à créer une montée dramatique soutenue. À force de vouloir être à la fois un drame psychologique et un film de monstre, le film se retrouve entre deux eaux.


Ma note de 4/10 reflète avant tout une déception. On sent une sincérité dans la démarche, une volonté de revisiter un genre désuet avec amour et minimalisme. Mais la sincérité ne suffit pas quand la mise en œuvre laisse à désirer. Reste un objet étrange, pas totalement dénué d’intérêt, mais trop brouillon et maladroit pour réellement convaincre.


Beneath laisse une impression d’inachevé. L’idée de base, pleine de potentiel, se dilue dans un traitement trop hésitant, des personnages peu attachants et une réalisation sans relief. Ce n’est pas un naufrage total, mais une traversée tiède d’un lac qui aurait pu être bien plus inquiétant.

CriticMaster
4
Écrit par

Créée

le 28 mai 2025

Critique lue 9 fois

CriticMaster

Écrit par

Critique lue 9 fois

D'autres avis sur Beneath

Beneath

Beneath

6

Fabio-R

750 critiques

Critique de Beneath par Fabio R.

Ça fait bien longtemps que je ne fais plus attention aux notes ou aux avis pour choisir les films que je vais regarder et ce film confirme bien cela, il est très mal noté pourtant, je l'ai trouvé...

le 3 janv. 2015

Beneath

Beneath

4

Fatpooper

14052 critiques

Something fishy about this lake

Pas top. Larry Fessenden essaie de faire son "Sharks" mais on ne parvient pas à savoir si c'est à prendre au premier ou deuxième degré. C'est-à-dire que l'intrigue est tout-à-fait sérieuse même si...

le 4 sept. 2020

Beneath

Beneath

4

CriticMaster

2300 critiques

Un monstre dans l’eau, mais pas dans le fond

Beneath, réalisé par Larry Fessenden en 2013, avait tout pour devenir un petit film de genre efficace, voire un hommage sincère aux séries B aquatiques des années 70. Malheureusement, si le monstre...

le 28 mai 2025

Du même critique

The Big Bang Theory

The Big Bang Theory

7

CriticMaster

2300 critiques

Entre brillance conceptuelle et limites structurelles

The Big Bang Theory (CBS, 2007) s’est imposée comme l’une des sitcoms majeures des années 2000-2010, en grande partie grâce à son concept original et à sa capacité à intégrer la culture scientifique...

le 12 juin 2025

Battlestar Galactica

Battlestar Galactica

9

CriticMaster

2300 critiques

Le pouvoir sous pression : politique en apesanteur

Battlestar Galactica (2004) n’est pas seulement une série de science-fiction, c’est un laboratoire politique sous haute tension. Si je lui ai mis 9/10, c’est parce qu’elle réussit à conjuguer tension...

le 3 juin 2025

Only God Forgives

Only God Forgives

4

CriticMaster

2300 critiques

Esthétique envoûtante, émotion absente

Difficile de rester indifférent face à un film comme Only God Forgives. Avec son esthétique glacée, sa mise en scène millimétrée et ses silences lourds de sens, Nicolas Winding Refn signe une œuvre...

le 28 mai 2025