Kadir, le premier long-métrage du turc Selman Nacar, est à peu près irréprochable dans sa continuité narrative, exposant clairement les ressorts de son récit. Il s'agit de l'accident d'un ouvrier dans une usine de textiles, qui va amener la direction de l'entreprise concernée (et coupable ?) à se couvrir au maximum auprès de la famille de la victime, pour éviter une plainte en justice. Chacun joue son rôle avec peu de surprises, les personnages du film étant relativement unidimensionnels, avec le cynisme que l'on attend du côté des plus puissants, à l'encontre des plus défavorisés. Kadir suit plus particulièrement le personnage éponyme, lequel fait partie des premiers mais n'en a pas moins des états d'âme. C'est à vrai dire plutôt attendu, avec un dénouement parmi les plus ouverts qui soient, mais force est de reconnaître que le metteur en scène fait son travail avec abnégation et ne commet pratiquement aucune faute de goût, réussissant même à intégrer une sous-intrigue sentimentale, qui permet d'élargir les enjeux. Rien de révolutionnaire, évidemment, mais le film est plutôt plaisant à regarder, ce qui n'est déjà pas si mal.

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le 12 nov. 2021

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