Professeur de maths, Michele Apicella est muté au lycée Marilyn Monroe (aux méthodes alternatives). D'une indiscrétion absolue avec ses interlocuteurs, et épiant en voyeur irrépressible ses voisins, il se désole des disputes conjugales (avec la même rigidité que le prêtre dans "La Messe est finie", son film suivant). Il entame une relation avec une autre jeune professeur, Bianca.
Malgré les méthodes très décalées de l'établissement scolaire (cours d'histoire à l'aide d'un juke-box, psy sur place mais réservé aux enseignants), Moretti ne construit pas une satire sociale. Le titre est un autre chausse-trappes, puisque Bianca n'est pas le personnage principal. Le scénario, collage d'éléments disparates, peine parfois à convaincre.
Les dialogues intensifient l'indiscrétion du personnage, déjà perceptible dans son voyeurisme, et expriment son incapacité à concevoir que les rapports humains d'amour et d'amitié puissent échapper à la fidélité absolue.
Au niveau du casting, Nanni Moretti continue de se mettre en scène lui-même, mais non plus dans le rôle d'un réalisateur exigeant (son double ?), mais dans celui d'un enseignant à la personnalité très étrange. Comme partenaire, dans le rôle de Bianca, Moretti choisit Laura Morante, qui l'accompagne dans cette oeuvre de jeunesse comme elle le fera plus tard dans un de ses films de la maturité ("La Chambre du fils", Palme d'or à Cannes en 2001).
Curieusement, cet univers bizarre est filmé de façon très esthétique, via la photographie très soignée de Luciano Tovoli.