Comédie intelligente et caustique sur l'adolescence et les difficultés à entrer dans le monde des adultes.
Dans une mise en scène qui s'avèrera très caractéristique avec ses films suivants (c'est ici son second film), Solondz nous montre que si vous êtes à lunettes et maladroit dans une société conformiste, le collège peut être un enfer.
L'entourage de la petite Dawn est sans pitié, sans compréhension pour ceux qui sont dans la détresse et toute tentative de rébellion ne se retourne que contre les plus faibles. Sans parler d'une vie familiale tragique et désastreuse à tous points de vue : mal aimée par ses parents distraits qui préfèrent son frère aîné ringard (on dirait une caricature des fondateurs de Facebook ou Apple...) et son insupportable petite sœur, toujours vêtue d'un tutu rose.
Solondz réussi l'exploit de l'identification primaire au personnage principal, tout en se moquant d'elle puisque - il faut le reconnaître - la petite Dawn cumule bourdes et "tares" à son corps défendant, puisqu'elle le fait dans une quête désespérée de conformisme et d'attention que personne ne lui apporte (ou lui apporte de façon très maladroite).
Si vous cherchez un film pétillant avec rédemption ultime à la clé, passez votre chemin. C'est une sorte de relecture de "Carrie", sans les pouvoirs télékinésiques comme exutoire cathartique.
A voir pour : la convocation de Dawn dans le bureau du directeur (suite à l'incident de la boulette de papier), où - par la fenêtre et en arrière-plan - seule la fillette aperçoit les gestes obscènes que lui adressent les garnements depuis l'extérieur ; la fête d'anniversaire de mariage des parents ; la disparition de la petite soeur et les motifs de son enlèvement.