Au restaurant routier de la bifurcation n°3, deux camionneurs se mettent dans le pétrin en chargeant une jeune femme qui fuit son amant menaçant (rôle court pour Robert le Vigan, mais habité fiévreusement).
René Dary et Paul Azaïs sont deux routiers plus vrais que nature dans un prologue animé et nocturne au volant de leur camion, type de séquences peu courant dans le cinéma français. Le film semble s'orienter vers le fait divers policier ou bien la chronique populiste et ouvrière typique de l'avant-guerre, peut-être associée à une idée fataliste. Mais l'intrigue prend un tour sentimental qui, pour être plutôt sobre et concis, nous éloigne quand même de la chronique sociale qu'on pouvait attendre. La singularité de la première partie du film s'étiole au moment où Georges lâche le volant et descend de son camion. René Dary, toujours tonique, s'affirme désormais comme le personnage principal.
A la fin du film apparait Martine Carole, presque méconnaissable en sa jeunesse et avec son nez d'origine, dans un rôle secondaire qui souligne surtout le manque de passion et d'étoffe de la bifurcation amoureuse, comme il est dit, de René Dary. Une bonne série B quoiqu'il en soit.