Bikes
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Bikes

Long-métrage d'animation de Manuel J. Garcia (2019)

Des choses à dire sur ce film

C’est toujours marrant de voir à quel point le monde merveilleux des productions à destination de la jeunesse regorge de réalisations opportunistes. Ça l’est encore plus quand quelqu’un décide de reprendre un concept potentiellement casse-gueule du genre développer tout un monde autour de véhicules qui parlent... Bikes, la folle aventure des vélos c’est dans l’idée une fable écologique dans laquelle des vélos qui vivent dans une ville dessinée en forme de vélo se trouvent menacés par l’arrivée du moteur à essence... seulement voilà Animation bikes AIE n’est pas Pixar et Manuel J. García n’est pas John Lasseter. Non pas qu’il faille être un John Lasseter ou un gros studio d’animation pour avoir des trucs à dire mais voilà quelqu’un qui a une maîtrise du récit, de la narration, du design va plus facilement éviter les écueils.

Or, là, faute d’un récit passionnant, de thématiques intéressantes ou en tout cas amenées autrement qu’avec un bulldozer, faute d’un univers défini autrement que par un saupoudrage de pièces de vélos posées ici et là comme éléments d’architecture (mon dieu ces immeubles-pédaliers et ces faitages de pagode en chaines de vélo), les limites de l’anthropomorphisme heurtent d’emblée les spectateurs et spectatrices en pleine face. Tout est tellement paresseux et moche que au lieu de tout lâcher pour suivre les personnages, on passe son temps à se demander : mais, mais, pourquoi il se lave les dents ? Ça mange un vélo ? Et qu’est-ce que ça mange ? Mais pourquoi des vélos auraient besoin d’argent ? Et comment ils arrivent à jouer au billard ? Et surtout chercher les boules ? Mais comment un vélo peut-il avoir une moustache et une barbe ? Après tout ils ont bien des dents, à laver... mais du coup comment ils se rasent ? Dans un truc bien fait, on s’en fout, devant Bikes, la folle aventure des vélos ça devient vite une obsession. D’autant que certains moments sont franchement dégueulasses, le lavage de dents puis le massage de poignées (si, si) de Speedy, le personnage principal, à titre d’exemple.

Avec ses dilemmes à la con du type comment faire cohabiter son métier de facteur et ses aspirations (« ton yin et ton yang »... oui, oui, la Chine a investi dans la production donc on ne lésine pas sur la sagesse orientale, le taïchi, les barbiches et les chapeaux chinois), où trouver la force de renier son modèle finalement corrompu jusqu’aux pédales pour choisir ses amis et la morale, ses dialogues gnan-gnan, ses personnages que n’auraient pas renié un illustrateur de BD offerte dans un paquet de céréales de marque premier prix, sa musique pop très pub Barbie, Bikes, la folle aventure des vélos a tout de l’épisode de série animée numérique bas de gamme. Sauf que c’est un épisode de 1h30... Et qu’il a été nominé aux Goya en 2019 dans la catégorie films d’animation.

Hum... ce film ne compte assez d'ingrédients pour jouer au bingo avec une grille de 36 cases, mais voilà quand-même les 28 ingrédients repérés


Personnage > Agissement

Se frappe le front (et hoche la tête de manière désapprobatrice) pour souligner la stupidité d’un personnage

Personnage > Caractéristique

Jumeaux/jumelles qui parlent en même temps ou terminent leurs phrases respectives

Personnage > Citation

Conclut > « Mais c’est une autre histoire » – Questionne > « Comment as-tu pu ? » – S’inquiète > « Oh-oh »

Personnage > Interprétation

Éternuement forcé – Fait un clin d’œil de connivence lourdement appuyé

Personnage > Méchant·e

À l’épreuve > Sous-fifre qui se fait berner comme un·e bleu·e – Profil > Capitaliste sans scrupule – Ruse > Un·e vrai·e méchant·e se bat de manière déloyale

Personnage secondaire

Foule en délire > Concert, spectacle, manifestation sportive (combat à mort planifié inclus) – Sbire neuneu

Réalisation

Fin > Plan grue/hélico qui s’éloigne en montant – Ouverture ou fin > Voix off d’introduction ou de conclusion – Pile-poil > Course remportée sur la ligne – Plan > Inserts d’images de caméscope/smartphone/d’écrans de télé/vidéosurveillance

Réalisation > Accessoire et compagnie

Porte protégée par un système de reconnaissance sophistiqué (empreinte, rétine...) – Stylé > Une de journal apparaissant en tourbillon rapide au centre de l’écran

Réalisation > Audio

Musique > « Exotique » qui accompagne un contexte vu comme « exotique »

Scénario > Blague, gag et quiproquo

Fait des grimaces (dans le dos) / répète une phrase sur un ton moqueur – Gag cartoonesque – Gag reposant sur un handicap physique – Recours à un plan large pour marquer la puissance d’un cri (gag)

Scénario > Dialogue

Philosophie ou psychologie de comptoir

Scénario > Élément

Langage morse – Référence (grossière) à la culture populaire

Scénario > Ficelle scénaristique

La fameuse course qui sert à régler le conflit qui oppose les protagonistes

Thème > N’importe quoi

Faux-raccord > Distorsion spatio-temporelle

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Barème de notation :

1. À gerber

2. Déplaisir extrême et très limite sur les idées véhiculées

3. On s'est fait grave chier

4. On s'est fait chier mais quelques petits trucs sympas par-ci par-là

5. Bof, bof ; pas la honte mais je ne le reverrais jamais ; y'a des bons trucs mais ça ne suffit pas

6. J'ai aimé des trucs mais ça reste inégal ; je pourrais le revoir en me forçant un peu

7. J'ai passé un bon moment ; je peux le revoir sans problème

8. J'ai beaucoup aimé ; je peux le revoir sans problème

9. Gros gros plaisir de ciné

10. Je ne m'en lasserais jamais

IncredulosVultus
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Créée

le 25 avr. 2025

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