Plus de 35ans après Farrebique (1947), Georges Rouquier est retourné dans le petit village de Goutrens, dans l'Aveyron, pour y retrouver (du moins, ce qu’il en reste), la famille Rouquier. Le monde a changé et l’agriculture aussi, cela va de pair. Pour survivre, il faut s'agrandir, quitter l’agriculture familiale pour l’agriculture moderne.
Le principal défaut qui m’avait terriblement déçu avec le premier film, c’était de découvrir qu’il avait été entièrement scénarisé et dialogué par le réalisateur lui-même. J’avais grandement espéré cette fois-ci, y retrouver un “vrai” documentaire au sens pur, qui ne verse pas dans la fiction comme l’était par exemple Les 4 saisons d'Espigoule (1999) de Christian Philibert.
J’aurai tellement voulu y voir du “cinéma-vérité”, comme on a pu en voir à travers la trilogie Profils paysans (2001/2005/2008) de Raymond Depardon ou La Ferme des Bertrand (2024) de Gilles Perret, mais le film se démarque tellement avec ses saynètes parfois surjouées que cela finit par sonner faux. Avoir demander à des paysans de jouer leur propre rôle aura été une très mauvaise idée, je ne comprends toujours pas quel en était l’intérêt et surtout, pourquoi le classer comme étant un documentaire alors que celui-ci se rapproche davantage de la fiction.
C’est d'autant plus regrettable que le sujet principal s’avérait particulièrement intéressant, à savoir, nous montrer la profonde mutation du monde paysan (rural) et agricole. Sauf qu’en lieu et place, on se retrouve devant une vulgaire représentation théâtrale qui lui enlève toute saveur d’authenticité, dommage.
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