Un film d'adolescence et d'initiation très poétique où l'on retrouve tous les ingrédients affectionnés par Andrea Arnold (j'ai vu American Honey et Fishtank avant celui-ci) : le point de vue d'une jeune fille, les animaux bien sûr, la construction de soi dans un environnement sans repère, avec des figures parentales absentes ou très défaillantes, un milieux pauvre et défavorisé montré sans fard, sans pathos mais plutôt avec une certaines crudité. Et comme à chaque fois, au milieu de tout ça, il y a du beau, discutable certes, mais on peut entrevoir un horizon, la vue n'est pas totalement bloquée. Comme dans American Honey, j'ai aimé la beauté l'ambivalence du point de vue et des émotions. Ce père si déficient dont l'amour nous paraît pourtant évident et sincère à certains moment. La marginalité avec toute ce qu'elle a de violent et triste mais aussi de sublime.