Aéroport d’Orly. Un ingénieur informatique américain débarque de la Silicone Valley pour une réunion au sujet d’une centrale. Dans l’hôtel Hilton dans lequel il passe la nuit avant de redécoller le lendemain pour Dubaï, travaille Audrey, une jeune femme de chambre ici pour payer ses études. Leurs routes vont se croiser, sur fond d’un quotidien écrasant.


Ainsi, Gary, soumis à de très fortes pressions professionnelles, coincé dans une vie affective où « l’amour a laissé place à la guerre », décide de ne pas prendre l’avion pour Dubaï. Il annonce donc à son patron qu’il démissionne et à sa femme qui la quitte. Tous veulent comprendre le pourquoi de ce geste insensé, qu’il n’arrive que difficilement à expliquer lui-même, sinon par une révélation intime que c’est ce qu’il se doit de faire. La scène de la rupture via Skype est tragique et balaie le champ des émotions : incrédulité, colère, désespoirs, propos assassins, résignation, et un peu de surréalisme, lors que la femme de Gary lui demande ce qu’elle doit dire au garagiste qui a fini de réparer la voiture de son mari. Audrey, quant à elle, vit à cheval entre des études, qu’elle a peut-être même abandonné, et son travaille mécanique à l’hôtel, pressée par sa hiérarchie, invisible et corvéable. Un évènement fantastique va changer sa vie : elle se transforme en moineau le temps d’une nuit, goutant au parfum de la liberté. Impossible de savoir s’il s’agit d’un rêve ou de la réalité, cependant. Mais la rencontre, fugace, de ces deux êtres métamorphosée est bien réelle, chacun repartant (peut-être) pour une autre vie.


Ce film contemplatif ne nous dévoile ici qu’une tranche de vie, ce simple moment où les choses basculent. Quelle était la vie de Gary avant cette réunion et que deviendront ses rêves de vie dans les Pyrénées, nul ne le sait. Quel changement sur sa vie l’expérience qu’a vécu Audrey aura-t-elle ? C’est justement ces incertitudes et le rythme indolent qui font la beauté du film. C’est dans la répétitivité des tâches qu’Audrey effectue que nait l’émotion que l’on ressent lors de son survol nocturne de l’aéroport, accompagnée en bande son de David Bowie.


Un bien beau film, en somme.

Chat-alors
8
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le 24 août 2017

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