Bird People soulève des paradoxes. En effet, certaines choses sont difficilement traduisibles car liées à leur contraire. A qui, ou à quoi, a voulu faire référence Pascale Ferran dans ce film qui concourait en 2014 au festival de Cannes dans la catégorie "un certain regard"? A des personnes liées aux voyages, à la vie dans les aéroports ou ce qui se trouve à proximité? Ou, au contraire, à l'envol de l'oiseau, à sa qualité de pouvoir voler librement où bon lui semble? Au deux, tout simplement, même si les premiers semblent tout sauf libres, ballottés entre deux avions, stressés par leur travail, courant partout comme des "lapins sans tête", dans une vie qui semble d'ailleurs n'avoir ni queue ni tête... Ce paradoxe se trouve au sein de nous, au sein même de la langue française quand, par exemple, nous utilisons le même mot, le mot "personne", pour parler de quelqu'un (someone) ou de son absence (nobody).
Bird People est un film plein de poésie et de lenteurs...dans un monde où la vitesse prime habituellement. D'un battement d'aile, on passe de Gary à Agathe, spécimens pour le moins déconcertants, en passant par tous les autres. On pénètre leurs pensées, effleure leurs aspirations. On ouvre tout simplement la cage aux oiseaux et, comme le chantait Pierre Perret, on les regarde s'envoler, en se disant "c'est beau"...