J'ai vu peu de films de Banshali (Bajirao Mastani, Padmavati (le seul sur lequel je n'ai pas de réserves), Devdas, Gangubai Kathiawadi et ce Black) mais à chaque fois, je suis gêné par le côté emphatique des images ; notamment des décors géométriques monumentaux inutiles, filmés au grand angle avec des zooms caméra interminables (Gangubai Kathiawadi en est farci)... Visuellement, dans ce film notamment, Bhanshali est au cinéma indien dit de Bollywood ce que les peintres dits pompiers du XIXe siècle sont aux impressionnistes : fade et sans saveur ; cherchant à s'attirer les faveurs et les compliments des productions occidentales et la monnaie qui va avec. Il a un savoir-faire technique et surement une bonne équipe, mais ça ne fait pas "œuvre". Tous mes reproches sont particulièrement exacerbés ici ; Bhanshali est un cinéaste de Bollywood, bien meilleur lorsqu'il fait dans l'hagiographie historique. Mais là, il se plante grave!
Second malaise : les acteurs, du moins la direction des acteurs et aussi les personnages, tous et toutes caricaturaux ! Des stars indiennes les plus importantes si mal dirigées que c'est vraiment gênant. De tout ce que j'ai vu de Banshali il n'y a qu'Alia Bhatt (Gangubai Kathiawadi) et Madhuri Dixit (Devdas) qui s'en tirent ! Pour les autres, c'est un massacre (Voir Aishwarya Rai transformée en pot de peinture dans Devdas fait mal au ventre tellement cette femme est naturellement belle) !
Ici, la très talentueuse Rani Mukerjee est réduite à jouer les Charlots pour indiquer les handicaps de son personnage et ça frise le ridicule ; quant à Amitabh Bachchan, c'est la cata : le pire du pire étant son personnage atteint par Alzheimer : tout est moche et invraisemblable : le jeu, les postiches...
Caricatures des personnages : la maman de Michelle cucul , le papa concon , la sœur — très beau visage de Nandana Sen — caricaturale de jalousie !
La seule actrice qui s'en sort est celle qui interprète Michelle enfant — extrêmement caricaturale, mais sauvée par une prestation remarquable et avec une belle énergie due à la jeune Trish Xavier (c'est tout de même long et répétitif !).