La détermination est impressionnante. Car c'est évidemment une vraie gageure d'initier pareille entreprise quand on est une quasi inconnue dans la mi-vingtaine, qu'on a face à soi un proche du Premier ministre en place ; et, au-delà, les usages de la société dans son ensemble. Et qu'on se lance dans quelque chose que personne avant soi n'a jamais entrepris. Pourtant, le statut de victime de Shiori Ito est sans discussion possible. Et les circonstances de son viol sont par ailleurs réellement écœurantes.
En tant qu'objet de cinéma, Black box diaries a la sincérité du manque de moyens de son entreprise. La valeur de ce qu'il montre est davantage à rechercher dans ce qu'il expose, que dans la manière dont il le dit. Le film rend parfaitement compte de l'intensité du stress post-traumatique. Les silences y sont autant marquants que les mots, parfois même plus. Et on réalise clairement à quel point Shiori Ito porte les stigmates de l'agression subie.
Dérouler le film sur les sept ans qu'aura duré le chemin de croix, si tant est qu'il ait un jour réellement une fin, permet d'appréhender les évolutions de sa personnalité, mais aussi les changements du regard porté sur elle par les autres, au fil du temps qui passe.
Et en comparaison des nombreux films de fiction traitants, plus ou moins habilement, des violences faites aux femmes, Black box diaries et sa forme documentaire s'avèrent à l'arrivée largement plus convaincants.