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Lang au chien
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Un no man’s land rugueux et venteux, une ville quasi déserte, fantomatique. La fin d’une civilisation, d’une humanité où tout semble tenir encore comme par miracle avant de s’effondrer définitivement. Un monde en sursis qui lutte contre la disparition et l’oubli. Un espoir subsiste : un grand évènement sportif à venir, unique chance de rédemption.
Véritablement vivantes sont les meutes de chiens errants qui ont assailli la ville. Mais ces chiens portent avec eux la menace d’une épidémie de rage qui pourrait empêcher la concrétisation de l'évènement sportif tant attendu, alors il faut s'en débarrasser.
Cette peinture apocalyptique de la situation me paraît familière, serait-ce une métaphore parfaite du lent déclin de notre monde ?
Dans cette dévastation surgit un homme aussi aride et sec que le désert de Gobi. Cet homme ne communique pas par les mots, il y a renoncé depuis ses années d’incarcération, seul le silence n’est pas mensonge, seul le silence permet de toucher à l’essentiel. C’est dans ce contexte sombre et ce silence qu’a lieu une rencontre improbable, la rencontre entre l’homme et le chien. La reconnaissance est animale, elle passe par les odeurs corporelles, le chien a choisi l’homme avant que l’homme ne choisisse le chien, l’apprivoisement réciproque est rude, long et pénible. La tête de ce chien noir est mise à prix car c’est lui précisément qui est soupçonné de répandre la rage.
Nous voici transportés vers des terres lointaines et mal connues dans un conte cruel et tendre comme tous les contes, un voyage fabuleux et surprenant où les frontières entre le réel et l’imaginaire sont floues, comme le sont parfois les différences entre un homme et un animal. Chaque plan est une œuvre d’art, chaque photo une peinture, les prises de vues sont magnifiques, les paysages du désert de Gobi grandioses de rugosité et de désolation, la ville décrépite et apocalyptique est d’une époustouflante beauté, ruines, misère, destruction, envahie par des meutes de chiens errants qui portent la mort. Il semble que la beauté puisse surgir du chaos, tout dépend de l’œil qui regarde.
Black Dog est une ode au monde animal libre et sauvage et à la nature forte et vivante. Une histoire d’amitié où on ne l’attend pas, une histoire de mort et de renaissance, l’éternel cycle fin/recommencement. On le sait, quelque chose doit mourir pour qu’autre chose puisse vivre. Au final ce no man’s land est lumineux, fascinant et grandiose, et le film d’une grande originalité est un véritable chef-d’œuvre dont on sort réconcilié et plein d'espoir. Chapeau bas aussi aux équipes qui ont réglé les scènes avec les animaux, cela n’a pas dû être chose facile, le résultat est spectaculaire !
Créée
le 13 mars 2025
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