Une parodie réjouissante.
Sortie de nulle part, cette parodie de film de la Blacksploitation remet en valeur un courant disparu depuis les années 70. Ces films sortis suite aux revendications du Black Power et dans un contexte de guerre du Vietnam, les Afro-Américains en ont assez de jouer les seconds rôles dans les films et veulent pouvoir s'identifier à l'écran. En effet rares sont les acteurs ayant des rôles importants ou ayant simplement une représentation différente d'une simple figuration. En 1929 "Hearts in Dixie" et surtout le superbe "Hallelujah !" avaient une distribution intégralement Afro-Américaine mais bien peu de films mettaient en scène des personnages non caricaturaux issus de cette communauté. Sidney Poitier avait réussi à se hisser en haut de l'affiche avec en particulier "Dans la chaleur de la nuit" dans les années 60. Mais les années 70 et le consumérisme ont laissé une fenêtre pour que les revendications politiques des années 60 se concrétisent sur l'écran. "Sweet sweetback" montre le chemin en rapportant des recettes plus de 100 fois supérieures au budget initial, montrant qu'il y avait un marché. Peu après c'est le célèbre "Shaft" qui lui emboîte le pas grâce à une musique que tout le monde connaît.
Les films de la Blacksploitation sont des films d'exploitation, c'est-à-dire commerciaux, souvent des séries B aux budgets limités qui mettent en valeur des Afro-Américains. Souvent calqués sur des films ou des figures déjà reconnues par le grand public, souvent stéréotypées, on aura droit à des policiers , un Dracula , des espions, des péplums, des figures comiques, le tout en version noire. Le genre tombera en désuétude dans les années 80 pour laisser place à des réalisateurs comme Spike Lee qui propose alors une vision non stéréotypée de cette communauté.
Il reste des musiques de Isaak Hayes, Curtis Mayfield, James Brown, Marvin Gaye... Et une certaine influence sur Tarantino par exemple.
Ici nous avons droit à la quintessence de ce genre de films avec une enquête dans un milieu rongé par la drogue et la prostitution. Notre héros est un peu macho mais juste, il est fort et malin, il connaît tout le monde et sert les intérêts de sa communauté. Et quand il le faut, il sort son nunchaku pour redresser les torts.
Le réalisateur s'est bien fait plaisir à reproduire toutes les tares de ce genre de production avec faux raccords, zooms, acteurs qui ne jouent pas forcément bien, sexisme, bagarres, micros dans le champ et tout le long du film nous avons plaisir à regarder cette parodie avec un petit plaisir coupable. On peut penser au départ que c'est peut-être un peu long mais le rythme est bien maintenu jusqu'au bout.
1h20 de plaisir ça ne se boude pas, merci Black Dynamite!
Un film parodique qui sort des normes, ça fait penser à Psycho Beach Party une comédie policière de plage parodiant les films de surf des années 60. Pour voir un film des années 70 sympathique avec Jimmy Cliff: The harder they come. Une bande son imparable, un héros noir, le tout sous le soleil de Jamaïque, il n'en faut pas plus pour nous faire plaisir. Pour d'autres parodies on peut regarder Un cadavre au dessert, le doublage Français est remarquable, les comédiens de doublage se sont fait plaisir pour l'adaptation. A voir nécessairement au second degré. Enfin pour diverger un peu et tomber dans un esprit assez décalé, Russ Meyer est parfait avec son Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! C'est un autre style de série B à consommer pour se divertir avec plaisir.