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« Les rêves ne sont pas que des rêves »

Tu trouves ça sexy que je parle avec Jésus ?

Depuis son rapt, Finney s’évertue, en vain, à reconquérir une existence ordinaire, tandis que sa sœur Gwen demeure assiégée par des songes funèbres où trois garçons sont pourchassés dans un campement montagnard.


Une résurgence mitigée : un retour moins nécessaire que fastueux

Black Phone 2 se dresse tel un prolongement discutable d’un premier opus qui, par sa clôture définitive, semblait s’être refermé sur lui-même avec la solennité d’un tombeau scellé. Il faut l’avouer avec une sincérité un brin douloureuse : je goûte nettement moins ce second chapitre, dont l’existence apparaît, dès les premiers instants, comme une entreprise superfétatoire. Le film, cherchant à ranimer un tueur supposément relégué au royaume des ombres, s’en remet à un prétexte narratif absolument capillotracté dans son invraisemblance, pour justifier le retour de son spectre homicidaire.


Le spectre du déjà-vu : quand l’onirisme tourne à la redite

En substituant au réalisme oppressant du premier film une dimension onirique appuyée, le récit glisse dangereusement vers un terrain déjà foulé, notamment dans Les Griffes de la Nuit, où le tueur des songes régnait en souverain cauchemardesque. Ici, cette veine chimérique, quoique brillante visuellement, souffre d’un air de déjà-vu, comme si l’imaginaire du film s’étiolait sous l’ombre immense de son illustre prédécesseur. L’ambiance, moins suffocante, moins immersive que dans le premier opus, perd ce resserrement claustrophobique qui conférait à l’œuvre initiale une aura si singulière.


Gwen, oracle juvénile : un approfondissement salutaire

Néanmoins, malgré ces réserves, l’œuvre s’illustre par un choix admirable : il s’attarde sur Gwen, dont les visions sont des fulgurances sibyllines. Ce second opus ose la suivre dans le dédale de ses songes tourmentés, révélant une héroïne plus robuste, plus intérieure, même prophétique. Les séquences de rêves, magnifiquement composées, se parent d’une esthétique somptueusement hallucinée, riche en contrastes et en images d’une envergure quasi numineuse. Elles constituent l’un des points d’orgue du film, bien que leur utilité narrative demeure sujette à caution, oscillant entre illumination et digression.


Une suite dispensable mais non dénuée de majesté

On ne peut toutefois éclipser cette évidence : une suite n’était nullement indispensable. L’histoire du premier film, achevée avec pureté, ne réclamait aucun appendice. Ici, la nécessité du récit se cherche, parfois se perd, mais le spectacle demeure — flamboyant, enveloppé d’une mélancolie grisante.


Conclusion : une œuvre inégale mais ensorcelante

Bref, le métrage apparaît comme une création hybride, tantôt remarquable, tantôt titubante. S’il s’égare en voulant ressusciter artificiellement son antagoniste et peine à retrouver l’étau oppressant de son aîné, il brille toutefois par son imagerie onirique admirable et par l’ampleur accordée à Gwen, dont la présence irradie l’écran avec une intensité inattendue. Une suite dispensable mais envoûtante, où l’excès, la lourdeur et l’éclat cohabitent dans un ballet étrangement séduisant.

Va te faire foutre par un dinosaure
Trilaw
6
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le 14 nov. 2025

Critique lue 21 fois

Trilaw

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