Sans doute oublié par les plus jeunes, le canadien Blackberry fut un appareil emblématique des années 2000. Le smartphone avant le smartphone, le téléphone à clavier que les businessmen branchés s'arrachaient avant que l'Iphone ne débarque et le mange tout cru.
Matt Johnson revient sur cette ascension et chute fulgurante, grâce au fonctionnement atypique de l'entreprise. Initialement une start up bon enfant bourrée de geeks, y compris son dirigeant, l'entreprise va connaître un coup de pied aux fesses en faisant monter à bord Jim Balsillie, présenté ici comme un homme d'affaire rustre, techniquement ignare, mais diablement efficace.
L'intérêt du film est donc double. D'une part, une success-story à l'époque bouillonnante des débuts d'internet et de l'essor du téléphone portable. D'autre part, la combinaison explosive entre un geek inadapté aux affaires, et son associé machiavélique adepte des coups fourrés.
On sent l'influence de "The Social Network", pour les débuts houleux d'une nouvelle technologie. Et de "The Wolf of Wall Street", pour le fonctionnement déviant de la boîte (bien qu'ici on parle de geekeries plutôt que de débauches !), et l'opposition entre les protagonistes. Qui donne lieux à des échanges et du comique de situation très amusants. La mise en scène se voulant proche des personnages, dont des effets de petits zooms et gros plans façon documentaire.
Les acteurs principaux sont plutôt bons, et l'on remarquera quelques petits rôles de luxe. Cary Elwes en PDG rival bulldozer. Ou Michael Ironside en manager brutal.