Haaa.. j'aurais voulu aimer ce film. J'aurais voulu qu'il remue quelque chose en moi. J'aurai vraiment aimé pouvoir le recommander à tous.
Oui mais voilà, il me semble que le film passe à côté de son sujet. Peut-être que c'est moi qui projette de trop grandes attentes dans ce que je vais voir.. toujours est-il que Blackbird, au lieu de brandir sa particularité et son cœur scénaristique bien à lui, se contente d'être encore un film sur les relations familiales. On en a vu d'autres, et les thèmes abordés sont systématiquement les mêmes. La résignation. L'adultère. La jalousie. L'ambition contrariée. La famille, vu comme un carcan qui se révèle finalement être un tuteur qui nous aide à grandir.
Oui mais voilà, ce n'est pas le sujet du film. Enfin prétendument, ce n'est pas le sujet du film.
Susan va mourir. Dans combien de temps exactement, elle l'ignore. Ce qu'elle sait en revanche c'est qu'avant de mourir, elle va au préalable perdre peu à peu sa mobilité, et toutes ses fonctions vitales. Elle est condamnée, à termes, à ne plus pouvoir marcher. Ni s'alimenter seule. Ni même déglutir.
Alors Susan décide de choisir la date de sa mort. Puisqu'elle est condamnée, c'est elle qui décidera du jour de l'application de la sentence.
Je crois que ce sujet est important. Des cas réels nous ont montré que cette question, auparavant ignorée ou bien trop tabou est désormais une problématique de société. Nous risquons tous d'y être confrontés à un moment de nos vies. Et dire " c'est à la personne concernée de décider, c'est évident", c'est facile tant que la question ne se pose pas réellement. Je ne vais pas entrer ici dans les détails éthiques, dans les questions du type "est-ce le rôle du médecin". À chacun son avis et puisque le film lui-même ne pose pas la question ce serait ironiquement hors de propos.
Mais alors quelles sont les questions évoquées? Du très classique, vous allez voir!
L'ado veut devenir acteur. Il n'en a pas parlé à ses parents, qui veulent le voir devenir avocat.
La cadette de Susan est sous anti-dépresseurs pour cause de bipolarité chronique.
L'aînée de Susan est une contrôle-freak qui n'est pas heureuse dans son couple.
Le mari de Susan est triste, résigné mais tente de faire bonne figure. Ha et il a pris pour amante la meilleure amie de toujours de Susan.
Des poncifs. Des sujets vus et revus, tous maltraités. Les personnages peinent à être autre chose que des coquilles quasi vide, hanté uniquement du seul prétexte que le scénariste a bien voulu leur accorder.
En écrivant ces lignes, j'en viens presque à me demander si je n'ai pas raté une partie du film tant.. je n'ai rien à en dire! (Rassurez-vous, je suis certaine que ce n'est pas le cas)
Bref. Les acteurs sonnent juste mais ils s'échinent pour un scenario trop creux!