Pas revu depuis ans, « Blade » n'a pas si mal vieilli. Il garde une forme de singularité, d 'originalité dans son approche très « punk », très « high-tech » du vampirisme, assez violent sans être gratuit. Stephen Norrington ne s'en était d'ailleurs pas si mal sorti derrière la caméra et on ne pouvait imaginer son futur « bannissement » d'Hollywood suite à « La Ligue des gentlemen extraordinaires » cinq ans plus tard.
On sent que cela s'adresse surtout à un public adolescent, qu'il faut que ça bouge, fasse du bruit, dans une ambiance légèrement électro-futuriste très sombre, visuellement, mais aussi dans le regard assez pessimiste porté sur une société souvent déshumanisée, où l'on ne peut compter quasiment sur personne.
Évoluant dans un monde inquiétant où les succubes sont à la fois puissants, nombreux et cachés, notre héros, à l'ambiguïté pas trop mal exploitée, se révèle efficace dans le genre taiseux, sorte de guerrier solitaire dans une ambiance presque Film Noir (sans mauvais jeux de mots!!), légèrement western de temps à autre. De l'action mais pas trop non plus, relativement spectaculaire et sanglante, même si un réalisateur plus talentueux aurait sans doute pu offrir plus (Guillermo Del Toro ? Oh, wait!).
Face à Wesley Snipes, solide, Stephen Dorff offre une opposition satisfaisante en vampire cocaïnomane déséquilibré, violent et (très) dangereux, l'un des bons méchants « made in Marvel ». Sans oublier un rebondissement inattendu et franchement audacieux pour ce type de productions, de ceux qu'on aimerait voir plus souvent dans l'actuel MCU... Un peu bourrin, mais efficace.