CRITIQUE GARANTIE SANS SPOILER

Enfin ! L'évènement science-fiction de 2017, avec son casting de charme tant derrière que devant l'écran est là. L'envie de moiteur était légitimement palpable mais soyons directs, j'ai mis 10 mn à m'ennuyer.

Si le script est cohérent (encore heureux de la part d'Hampton Fancher, le scénariste du film original), la fougue du premier opus, plus feutrée, insaisissable, a manifestement pris 35 ans au passage. On pourrait le pardonner, n'est pas Philip K. Dick qui veut.

Ici, tout semble fourni sur un plateau doré et sur l'hôtel du "j'en veux pour mon argent". Et c'est vrai, il y a de quoi ravir le fan contemporain lequel, rentabilité oblige, se refuse désormais au plaisir du doute, pourtant d'avant-garde aux débuts des années 80. La photo est sublime, les lumières architecturales et travaillées, bref, l'hommage est très honnête. Mais aucun effet visuel aussi perfectionné soit-il ne vient pourtant supplanter le travail de Douglas Trumbull, aucune note de musique ne vient se glisser à la hauteur de la partition originale de Vangelis, absente et pourtant compagne indissociable de cet univers romantique (Johann Johannsson remplacé à la dernière minute, difficile de ne pas s'attendre au pire même de la part du merveilleux compositeur d'Interstellar).
Assez grosse déception aussi au niveau de toute la direction d'acteurs y compris Robin Wright. Tout le monde paraît un peu perdu sur le plateau au lieu de se sentir perdu dans cet univers désincarné.

Non vraiment, avec quelques fautes de design par-ci par-là, et surtout beaucoup trop de longueurs (on se croirait déjà vraiment dans la version longue du film), certains éléments, notamment visuels, sont heureusement plaisants, mais la sauce ne prend malheureusement pas. Loin d'être une honte, mais surtout loin d'être le meilleur Villeneuve, ce pari pourtant osé et abouti (sauf musicalement) manque au final cruellement d'originalité.

Espérons que son prochain Dune sera plus personnel que cette commande qui, malgré une tenue plus que respectable, s'oubliera aussi instantanément que son aînée est restée dans l'histoire. Consolation notable : avec le changement climatique, toute photo urbaine orangée de fumées d'incendies (autre film du réalisateur), se verra désormais accompagnée d'un hashtag du film. Les androïdes avaient probablement d'autres rêves.

Redfive
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le 15 sept. 2023

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