Assez terrifiant que la façon dont le film est tourné oscille entre la fiction et le documentaire, mais le résultat final montre que c'était nécessaire pour parvenir à ce résultat.
Le film parvient à mettre en avant la persistance des mariages arrangés dans la ruralité mais dans son aspect le plus terrifiant avec ici du trafic d'être humain, des épouses déshumanisées et condamnées à être des mères porteuses subissant des viols à répétition et là pour servir de main d'œuvre.
Le réalisateur parvient à faire le lien entre cette pratique et la politique de naissance de la Chine qui se caractérise par l'angoisse de Bai Xuemei d'avoir un petit garçon, et de la scène où l'on voit une jeune fille qui venait de naître, complètement noyée, probablement par ses parents.
Li Yang semble être sur tout les fronts avec ce film, il s'en prend autant au monde traditionnel rural, qu'à la misogynie de ce même monde et plus globalement de la Chine, de son capitalisme et de l'inhumanité globalement des individus, prêts à se faire corrompre pour une simple cigarette.