9
1445 critiques
À quoi bon ?
Ce qui m'a d'abord marqué dans le cinéma d'Ozu, c'est sa façon de mettre en scène, avec autant d'intelligence que de finesse, les liens familiaux, l'ordre établi dans une famille ainsi que les...
le 7 sept. 2017
Je me suis demandé pendant un long moment où Ozu voulait m'amener en filmant le quotidien de ces jeunes garçons et les relations que les deux frères établissent avec les autres gamins. Il a fallu attendre la dernière partie du film pour que tout se déclenche, on retrouve le Ozu de la violence sociale, du désespoir de ses personnages qui peuplent ses premiers films.
Alors que les deux garçons se voient répéter par leur père qu'ils doivent chacun devenir quelqu'un, ils réalisent à un moment que leur père n'est personne. C'est en visionnant un film tourné par le patron du père qu'ils se rendent compte que leur père n'est qu'un employé faisant des courbettes autant que possible à son patron afin de se faire bien voir. Ils se mettent alors à insulter leur père, c'est un moment d'effondrement du monde de ces deux garçons qui ne comprennent pas l'intérêt de travailler à l'école s'ils ne sont destinés à pas mieux que devenir les employés du fils du patron riche qui possède tout, même en ayant de meilleurs résultats que lui.
La première partie du film et les relations entre ces enfants n'existent plus. Les relations de pouvoir entre eux étaient fluctuantes allant d'une simple bagarre à un jeu en commun pour pouvoir s'imposer comme leader du groupe, la réalité du monde social ne les frappent pas encore à ce moment là. Sans le vouloir, les deux frères sont projetés dans une maturité dont ils ne sont pas encore préparer, et font face au système de classes de cette société, qu'ils essaient de refuser du haut de leurs quelques années.
J'apprécie tout particulièrement qu'Ozu se tourne à ce moment-là sur la figure du père et qu'il nous fasse ressentir la violence sociale à travers ce personnage. Touché par les mots de ses fils à son encontre, le père est tiraillé entre le fait de les punir et d'essayer de les comprendre. Il ne sait pas comment les introduire correctement à la dureté de monde là dont il souffre lui-même. Cette inquiétude pour ses fils le détruit de l'intérieur, n'ayant guère mieux que de l'espoir : "J’espère que leurs vies ne sera pas aussi minable que la mienne".
Cependant, après une légère discussion, les fils finissent par accepter la position de leur père, et la vie reprend son cours pour ses jeunes garçons qui profitent encore du temps restant avant que le monde les rattrapent. Ozu mêle autant désespoir et espoir, avec une réconciliation finale pour cette famille.
Très touché encore par ce film d'Ozu.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.
Créée
le 3 janv. 2026
Critique lue 6 fois
9
1445 critiques
Ce qui m'a d'abord marqué dans le cinéma d'Ozu, c'est sa façon de mettre en scène, avec autant d'intelligence que de finesse, les liens familiaux, l'ordre établi dans une famille ainsi que les...
le 7 sept. 2017
7
873 critiques
Ozu était bien plus intéressé par ses personnages que par les scénarios. Gosses de Tokyo en est une illustration parfaite. On suit deux « gosses » bien éveillés et à l’affût de bons coups à faire...
le 25 avr. 2025
8
220 critiques
Contrairement à Hollywood, où le muet a virtuellement disparu des écrans dès le début des années 30 (à l’exception d’un certain Charlie Chaplin), le cinéma japonais a continué à produire des films...
le 15 août 2018
9
15 critiques
Je me suis demandé pendant un long moment où Ozu voulait m'amener en filmant le quotidien de ces jeunes garçons et les relations que les deux frères établissent avec les autres gamins. Il a fallu...
le 3 janv. 2026
9
15 critiques
Assez impressionnant que le film parvienne à aborder autant une réflexion sur l'art que sur l'handicap en proposant un point de vue hétérodoxe sur la question. Masumura arrive à transformer cette...
le 26 oct. 2025
8
15 critiques
Ozu continue à aborder cette même thématique de la souffrance qui n'offre aucune rédemption, avec des personnes qui errent dans un monde qu'ils subissent sans pouvoir agir. Le père de famille qui...
le 3 janv. 2026
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème