Vivre un grand amour d'Edward Dmytryk, adapté de Graham Greene, puis son remake par Neil Jordan, La fin d'une liaison, utilisaient l'un des bombardements de Londres comme un moment crucial de leur intrigue. D'autres fictions britanniques et bien entendu des documentaires ont évoqué le Blitz, 8 mois terribles pendant la bataille d'Angleterre; durant la seconde guerre mondiale. Le film de Steve McQueen, comme son titre l'indique, en fait sa toile de fond, lui permettant de décrire les évacuations de Londres, les abris souterrains, le travail des ouvrières et les secours dans les rues en ruine, dans la grande tradition du film patriotique britannique, à la suite d'un David Lean ou d'un Oliver Reed. Le cinéaste y ajoute un récit à hauteur d'enfant, façon Dickens, un apprentissage express de toutes les horreurs du monde que recèle le monde des adultes, mais y adjoint aussi une poignée de scènes, un peu forcées, sur le racisme ancré socialement dans le pays natal du réalisateur, y compris dans les périodes de guerre, où la solidarité aurait dû primer sur toute autre considération. La répétition de ces moments se révèle un peu embarrassante comme si Steve McQueen, au-delà de l'émotion nécessairement charriée par son histoire, devenait donneur de leçons un peu trop insistant. Ceci mis à part, Blitz est assurément un film d'un classicisme absolu, et ce n'est pas nécessairement un défaut,, marqué par la qualité de sa mise en scène (superbes plans-séquences) et par l'interprétation impeccable de Saoirse Ronan, du jeune Elliott Heffernan et de Paul Weller, oui, le leader de Jam et de Style Council, en personne.