Blonde
5.8
Blonde

Film de Andrew Dominik (2022)

Voir le film

Les fins d’années sont souvent l’occasion à Netflix de frapper fort : le nouveau film d’un réalisateur confirmé sur un sujet d’envergure avec un casting 5 étoiles.

2019 a initié ce mouvement par la sortie exclusive du Irishman de Martin Scorcese (De Niro, Pacino, Pesci, Keitel). En 2020 ils ont acquis les droits du tant retardé biopic Mank de Fincher (Oldman), quant à 2021 c’est sous le signe du Pouvoir du Chien que le N rouge a voulu marquer la fin d’année.

Quid de 2022 ?

Alors si pour certains, le dernier brûlot d’Andrew Domink rimera avec « pompeux », pour moi il en est merveilleux.

Avant tout, il serait bon de rappeler que ce film n’est en rien un biopic sur Marilyn Monroe. S’il traite bien de cette actrice, Norma Jeane n’est ici utilisée que comme un personnage fictionnel. Elle est la pièce maîtresse de la grande expérience cauchemardesque, froide et lancinante que construit le réalisateur devant nos yeux agonisants.

Nous faisons face à un film de genre ne laissant aucun répit à son personnage principal. La vie de Marilyn s’écroule sur elle sans que personne ne puisse rien faire pour l’aider. L’actrice hollywoodienne passe de mains d’hommes mal intentionnés qui la voient comme une matière aà exploiter à d’autres capitalisant sur la souffrance de cette pauvre femme.

Pour ceux qui douteront du terme « film de genre », il suffit de voir toute les références parsemées dans le métrage, la plupart sont issues de l’imaginaire de Satoshi Kon.

L’utilisation fantastique des miroirs est une invention de Paprika qu’Andrew Dominik transpose merveilleusement bien en live-action et le discours du film sur les dérives de la starification fait fortement penser à Perfect Blue dans la schizophrénie (dissociant psyché de femme et persona de star) dont souffre l’héroïne.

À noter que le réalisateur conclut ses séquences culminantes en terme d’angoisse, dans une salle de cinéma ; Là où Perfect Blue utilisait le tournage ou diffusion d’épisodes de la série de Mima.

D’autres parallèles sont également tissables entre cette adaptation de Joyce Carol Oates et le cinéma de Kirill Serebrennikov. Malheureusement, le terme « inspiration » est inutilisable car Blonde a été tourné plus de deux ans avant sa date de sortie. Mais la manière dont Hollywood puis l’esprit de Monroe s’embrasent durant 2 séquences particulières du film font fortement penser à la manière dont Serebrennikov met en scène le feu dans La Femme de Tchaïkovski et La Fièvre de Petrov.

Un film polémique?

Depuis la sortie du film, il est possible de voir fleurir sur la toile une ribambelle d’internautes clamant haut et fort que le film aurait une fascination pour le viol, ce qui est bien sûr complètement faux. Même si les viols dépeints à l’image ne sont pas exactement ceux qu’a subit Marilyn, ils restent dénonciateurs du traitement universel des actrices.

Les mésaventures qui sont mises en scène ne sont pas censées séduire le spectateur, au contraire, il faut ressortir terrifié de ce très grand film.

Captain-Walker
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes mes plus grosses claques, MindBlow, 2022 dans une boites d'œufs et Les meilleurs films de 2022

Créée

le 27 nov. 2022

Critique lue 30 fois

Captain Walker

Écrit par

Critique lue 30 fois

D'autres avis sur Blonde

Blonde

Blonde

7

Plume231

2402 critiques

Doctor Norma Jeane and Mrs. Marilyn!

Il est regrettable que ce film sorte sur Netflix. En effet, tout appelait sur le plan visuel au grand écran. Parce que franchement, ça déchire grave de ce point de vue. Que ce soit en noir et blanc...

le 29 sept. 2022

Blonde

Blonde

5

Sergent_Pepper

3190 critiques

Les creux de la rampe

Le très codifié exercice de style qu’est le biopic ne manque pas de paradoxe : centré sur la vie d’une célébrité, il a pour la plupart du temps pour mission de nous donner à voir les coulisses de la...

le 29 sept. 2022

Blonde

Blonde

7

Behind_the_Mask

1494 critiques

Celebrity : Une enfance de Norma Jeane Baker

Il y a de quoi s'étonner que certains sur le site s'émeuvent du manque de vérité de Blonde en comparaison de la véritable vie de l'actrice, alors même qu'Andrew Dominik ne faisait pas mystère de ses...

le 29 sept. 2022

Du même critique

Irréversible (Inversion intégrale)

Irréversible (Inversion intégrale)

10

Captain-Walker

23 critiques

Inversion intégrale : Expérience infernale

(Je vais spoiler irréversible et dévoiler le "nouveau montage" SPOILER

le 22 août 2020

César et Rosalie

César et Rosalie

9

Captain-Walker

23 critiques

Prendre à César ce qui (n’) est (pas) à César

César et Rosalie est un drame romantique sorti le 27 octobre 1972. Le long-métrage est réalisé par Claude Sautet et y jouent Yves Montand, Sami Frey et Romy Schneider. Au cours de sa troisième...

le 1 juin 2021

Jojo Rabbit

Jojo Rabbit

7

Captain-Walker

23 critiques

Jojo's Bizarre Heil-venture

« C’est marrant, c’est toujours les nazis qui ont le mauvais rôle ! […]On peut avoir une seconde chance ? » (OSS 117 : Le Caire, nid d’espions, HAZANAVICIUS Michel, avec Dujardin Jean et Béjo...

le 23 déc. 2020