Blonde Crazy
6.7
Blonde Crazy

Film de Roy Del Ruth (1931)

C’est toujours un peu désolant de constater que nombre de films pré-Code qui mettent les femmes à l’honneur ne bénéficient pas aujourd’hui d’un meilleur statut au regard de leur rôle dans la construction des rapports homme/femme au vingtième siècle. Cette question, souvent évoquée ici, trouve avec Blonde Crazy un nouvel exemple fabuleux de traitement égalitaire comme il a pu en exister dans le cinéma muet jusqu’à l’application stricte du code Hays autour de 1935. Le code n’a pas seulement imposé plus de moralité au niveau de la représentation de la sexualité ou des crimes à l’écran, elle a surtout porté un frein à un type de relations qui se tendait à se généraliser à Hollywood après la guerre. Les femmes pouvaient désormais prendre les commandes et revendiquer les égales des hommes. Avec le code Hays, elles redeviendront leur faire-valoir, leur compagne ou leurs amantes. Ce stéréotype de rapport égalitaire que l’on identifie beaucoup plus à la révolution sexuelle des années 70 et à l’émancipation des femmes, illustré au cinéma par exemple par la relation princesse Leïa/Han Solo, prend ses racines entre 1920 et 1935 essentiellement à Hollywood. Au cœur de ces quinze années d’entre-deux-guerres, la courte période pré-Code, à travers des personnages qui gagnaient en réalisme, démontrait la faisabilité de ce type de relations mixtes sans nuire nécessairement à la séduction.


Il faut voir ces dix premières minutes pour se convaincre que tout en déployant un jeu de séduction classique, l’équilibre des rapports de force permet aux personnalités qui y sont opposées de gagner en densité et en véracité. Le parlant a sans doute facilité la chose. L’insolence de James Cagney, son génie à exprimer une certaine fantaisie, son audace bouffonne pleine d’autodérision et signe de son inoffensivité, tout cela est permis par la dimension sonore qu’apporte désormais le cinéma. À une autre époque, de tels dialogues et une telle repartie tiendraient de l’exception. Et en 1931, les personnages féminins faisaient preuve d’un même caractère.


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Limguela_Raume
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le 25 avr. 2023

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