Jaime Reyes,jeune diplômé en Droit,rentre chez lui à Palmera City et y retrouve sa famille d'immigrés mexicains.C'est la débâcle pour ces braves gens,le garage tenu par le père a fait faillite et ils vont être expulsés de leur maison.Plein de bonne volonté,Jaime veut les aider et dégote un emploi de domestique chez la milliardaire Victoria Kord.Mais il ne peut s'empêcher d'intervenir lors d'une embrouille entre sa patronne et sa nièce Jenny,ce qui lui vaut d'être viré illico.Se sentant responsable,Jenny lui propose de l'embaucher et lui donne rendez-vous au siège de la société Kord le lendemain.Sauf que le lendemain elle pique un mystérieux objet appartenant à l'entreprise et,poursuivie par la sécurité,le refile à Jaime.Celui-ci va le tripoter et le machin,en forme de scarabée bleu,lui saute à la gueule et investit son corps,le transformant en super-héros invicible.Evidemment,la mère Kord et ses sbires vont le traquer afin de récupérer le mistigri.DC suit à peu près le même parcours que son grand rival Marvel,l'autre éditeur majeur de comics.Tout comme Marvel a institué le Marvel Cinematic Universe,MCU pour les intimes,qui adapte au cinéma ses BD,DC a cru bon de créer le DC Extended Universe qui fonctionne sur le même mode.Et comme Marvel,on a au début utilisé les best-sellers de la boîte avec les héros illustres que sont Batman et Superman,avant de descendre d'un cran en compagnie de Wonder Woman et Aquaman,puis de plonger dans les abysses avec Shazam,Harley Quinn,Black Adam ou Flash.On râcle ici le fond de la poubelle avec ce Blue Beetle dont personne,en-dehors sans doute des aficionados de la BD ricaine,n'avait jamais entendu parler.Et pourtant ce super-héros a été inventé en 1939,continuant à exister sporadiquement sous différentes formes pour aboutir en 2006 au personnage de Jaime Reyes,qui bénéficie donc là de sa représentation cinématographique.Au vu du résultat,ce n'était pas une bonne idée et on aurait pu s'en passer,mais le showbiz a toujours besoin de sang frais.Précisons de prime abord que "Blue Beeetle" signifie bien "Scarabée Bleu" et non "Bleu Bite",comme de vains esprits se l'imaginent.C'est le portoricain Angel Manuel Soto,un inconnu,qui a hérité de la réalisation,et les acteurs sont presque tous des latinos vu que les personnages principaux composent une famille mexicaine.Hormis cette particularité,le film fait dans le déjà vu mille fois et n'offre pas la moindre originalité.On nage dans les clichés du genre super-héroïque et tout est prévisible à l'extrême,avec des gentils très gentils,des méchants très méchants mais parfaitement inefficaces,des hasards de la mort et des coïncidences aberrantes,tout ce qu'il faut pour passer une bonne soirée somnolente en sirotant sa tisane des Deux Marmottes.Soto shoote certes ça de manière dynamique,ça bouge beaucoup et c'est plein de jolies couleurs,mais les effets spéciaux sont inégaux.Bon,il y a quand même l'arrière-plan politico-social car on est très préoccupé à Hollywood par le sort des pauvres mex,ces gens si adorables tellement exploités par ces salauds de riches blancs sans scrupules.C'est raté car les Reyes sont si caricaturaux et folkloriques qu'on n'a guère pitié d'eux.En fait de Mexicains,ce serait plutôt des mecs si cons,ou plutôt des mexiconnes dans la mesure où le féminisme est une fois de plus mis en avant,ça fait partie du kit.On se dit que quand on est abrutis à ce point,on mérite largement de se faire exploiter.Ca braille sans arrêt,ça n'arrête pas de jacter,même lors des scènes d'action où ça parle et ça crie non-stop en commentant les évènements,et pas pour proférer des paroles intelligentes,on serait plus dans les grandes logorrhées creuses brassant des banalités à propos de la famille,de la solidarité et de l'injustice pratiquée par ces enfoirés de blancos.Plus l'histoire avance,plus ça devient n'importe quoi,la familia de tocards loqueteux se transformant en équipe de choc pour guerre de haute intensité.Le scénario se barre en couille de tous les côtés,Jaime est toujours là où il se passe un truc,les bastons fastidieuses se multiplient et les auteurs se croient obligés de traiter ça sur le mode de l'humour permanent,les blagues à deux pesos fusant à jet continu.Des trucs précieux gardés dans des endroits ultra sécurisés sont en fait laissés sans surveillance,les vilains sont mous comme des chiques et ont constamment trois métros de retard,Jenny la rebelle met des bâtons dans les roues à sa tantine mais on la laisse se balader tranquille dans les locaux de l'entreprise,un transfert de compétences aura lieu entre Jaime et l'homme-lige de Kord mais on ne comprend rien à comment ça marche,le père de Jen est porté disparu et tout le monde le croit mort,ce qui veut forcément dire qu'il ne l'est pas et donc qu'il fera l'objet de la scène post générique qu'on voyait venir de loin avec son introduction à un "Blue Beetle 2" qu'on attend avec impatience.En somme,on a affaire à une série B friquée basse tension probablement tournée pour des raisons fiscales.Les protagonistes sont cons comme des balais et polluent l'écran de manière superfétatoire.Jaime est un brave garçon plein de bonne volonté entraîné malgré lui dans un trip qui le dépasse.Il tente en permanence d'éviter les affrontements et de ne pas utiliser ses pouvoirs destructeurs,parce que la violence c'est pas bien selon les scénaristes.Oui,mais il en faut quand même étant donné qu'on est dans une SF d'action,alors ce pauvre gars est obligé de distribuer des parpaings à droite à gauche.On apprend dès le départ que son papa a eu un gros problème cardiaque,et on suppute que le vieux va y passer lors d'une quelconque scène musclée,ce qui arrive effectivement,que de surprises!La mère est effacée mais la soeur est une vraie plaie.Cette grosse vache à lunettes est moche,vulgaire et complètement débile,on aurait préféré que ce soit elle qui y passe mais la vie est mal faite.La grand-mère,c'est carnaval!Au commencement,c'est la petite vieille discrète qui fait de la couture dans son coin,mais au fil des évènements va se révéler sa véritable nature badass.Il faut la voir manier la mitrailleuse comme Rambo,on est dans la cinquième dimension.Et on nous explique que c'est à cause de son passé de combattante révolutionnaire,ce qui laisse dubitatif.On parle de quelle révolution,au juste?Cette femme doit avoir dans les 70 berges,80 à tout casser,il est douteux qu'elle ait connu Pancho Villa et Zapata.Et puis le meilleur pour la fin,c'est l'oncle Rudy.Un sacré numéro,le tonton.Il conduit un taxi pourri,il a l'air d'un clodo avec son bermuda et sa chemisette de loqueteux,sa barbe de 36 semaines et ses cheveux hirsutes,et il tient des propos complotistes et paranos au sujet d'une éventuelle extermination des latino-américains.A côté de ça,c'est un génie de l'électronique capable de bidouiller toute forme d'appareil technologique ou même de diriger un engin spatial,soyons fous.Jenny est la pauvre petite fille riche opposée aux sales riches.Sa famille est dans l'armement,et c'est mal.Sa tante magouille du matériel mortifère incontrôlable,et c'est pas bien du tout.Son père a disparu sans laisser d'adresse et sa maman est morte quand elle était gamine,bien sûr ça l'a traumatisée.Au passage,on ne pige pas vraiment ce que foutait son paternel.Ce chercheur d'élite aurait créé le Blue Beetle,on se demande pourquoi vu que c'était un pacifiste,puis se serait opposé à la politique de l'entreprise,ça n'a pas de sens mais on en saura plus dans "BB2",n'en doutons pas.Et bien sûr Jaime et Jenny vont tomber amoureux l'un de l'autre,on ne pouvait pas passer à travers.Il y a aussi l'arc narratif de Carapax,le Universal Soldier de madame Kord.Alors lui,on lui cache tout on lui dit rien.Il a été bricolé suite à une quasi mort lors d'un conflit au Guatemala et ressuscité grâce à la technologie de pointe ricaine.Enfin c'est ce qu'on lui a dit,mais au fil de flashbacks tout vaseux on discerne que c'est un ex enfant guatémaltèque dont la maman a été odieusement occise par l'ignoble impérialisme US,lui aussi est une victime du coup,que de victimes!Les comédiens,des inconnus,sont latinos mais pour la plupart même pas mexicains,et ils sont assez mauvais en plus d'avoir des charismes de centristes en fin de banquet.On reconnait cependant quelques vétérans du ciné.Susan Sarandon est une actrice surestimée,et ce n'est pas sa piètre performance en capitaliste débranchée qui améliore sa filmo.George Lopez est truculent en oncle plein de surprises et s'en sort à peu près.Raoul Trujillo,68 ans,est un peu âgé pour jouer les commandos indestructibles.Elpidia Carrillo a eu sa vogue dans les années 80,cette jolie nana apparaissant dans "Police Frontière",Under fire","Salvador" ou "Predator",mais là elle a beaucoup épaissi et son rôle est très secondaire.Elle et Lopez étaient en 2000 dans le "Bread and roses" de Ken Loach,autre pleurnicherie pour latinos en difficulté,mais dans un tout autre genre.