"Blue Beetle" a eu le malheur de sortir aux USA avec un très mauvais timing : mi-août 2023. Soit en pleine grève massive à Hollywood, ce qui a empêché les acteurs de faire la promo. En plein ouragan Hilary, qui a torpillé l'ouverture du film. Et puis c'est aussi l'avant-dernier film de l'ex-DCEU. Ce qui signifie que non seulement les spectateurs étaient blasés par tous les machins insipides produits pour feu cet univers cinématographique, mais qu'en plus on savait très bien alors que la prise du DCEU serait définitivement débranchée sous peu. Laissant ce film sans enjeu narratif.
Ce dernier point n'est toutefois pas tout à fait exact. Puisque malgré le relancement du DCEU sous forme du DCU chapeauté par James Gunn, et l'effacement conséquent de nombreux films, il est prévu que Xolo Maridueña reprenne le rôle de Blue Beetle dans le prochain film Superman !
Mais bref, "Blue Beetle" a fait un four à sa sortie (130 millions de box office international pour un budget autour de 120 millions). Les éléments conjoncturels y ont certainement contribué... et la piètre qualité de l'ensemble aussi. Car tout ceci ne vole pas haut.
On sent que les cadres du DCEU se sont dit "tiens, si on se faisait notre propre "Black Panther", un film qui touche une communauté spécifique aux USA ?". Et voilà que la plupart des personnages de "Blue Beetle" sont des latinos !
Honnêtement, l'idée n'est pas mauvaise en soi. C'est d'ailleurs la seule originalité du film, qui sur la forme ne fait que réchauffer des scènes déjà vues régulièrement dans les films de super-héros des 15 années précédentes (la méchante qui explique en détails son plan à sa prisonnière, on a encore le droit de faire ça en 2023 ???).
Aussi voir un blockbuster américain tourné en bonne partie en espagnol, c'est un peu rafraîchissant. Vouloir en profiter pour faire de la politique en dénonçant l'exploitation des migrants latinos par le système américain, pourquoi pas. Sauf que tout ceci est fait avec ZERO subtilité et ZERO profondeur, annihilant tout intérêt à l'écran.
Avec en prime des effets spéciaux moches, une méchante à gros sabots (Susan Sarandon, que fais-tu là ?), et un scénario très régulièrement invraisemblable. Quant à la famille de notre héros, ses membres paraissent bien caricaturaux : j'avais l'impression de regarder un Pixar ! A noter d'ailleurs que les actrices qui jouent la mère (Elpidia Carrillo) et la grand-mère (Adriana Barraza) n'ont que 5 ans d'écart... Je sauverai toutefois George Lopez, amusant en oncle truculent et complotiste.
Un film de super héros générique de plus, qui meublera le catalogue d'un DCEU que pas grand monde ne regrettera.