Quand je regarde un Marvel ou un DC Comics récent, il me faut toujours un petit temps d’adaptation. Le tout-numérique a parfois du mal à me convaincre : je trouve souvent ces images trop lisses, trop artificielles, avec cette impression désagréable d’être plongé dans un jeu vidéo plutôt que dans un film.
Mais lorsque le long métrage possède de vraies qualités, je peux finir par me laisser embarquer. C’est exactement ce qui s’est passé avec Blue Beetle.
Pendant les vingt premières minutes, j’ai franchement cru à la catastrophe. Et puis, petit à petit, quelque chose s’est installé. Je me suis attaché à cette famille mexicaine, véritable cœur du film, dont l’énergie, la solidarité et la générosité finissent par prendre le dessus sur les effets numériques.
Sur le papier, l’histoire ressemble pourtant à mille autres films de super-héros : un jeune homme devient Blue Beetle après avoir été choisi par un étrange artefact. Il se retrouve alors traqué par une puissante femme d’affaires qui convoite les pouvoirs de cette mystérieuse technologie.
Ce n’est évidemment pas là que réside l’intérêt du film. Ce qui fonctionne, c’est cette famille d’origine mexicaine, cette tribu haute en couleur dont chaque membre possède une véritable personnalité. Les personnages humains sont finalement bien plus intéressants que les super-pouvoirs qu’ils sont censés mettre en valeur. Même le grand méchant bénéficie d’une certaine épaisseur et d’une véritable présence.
Le film défend aussi, sans trop de lourdeur, de belles valeurs : la famille, la générosité, la solidarité et l’idée que l’on est toujours plus fort lorsque l’on reste soudé. Et puis il y a de vrais moments de comédie. La scène où la grand-mère hurle « À mort l’impérialisme ! » tout en dégommant des hordes de robots est franchement jubilatoire.
Blue Beetle n’est certainement pas un chef-d’œuvre et il reste prisonnier des codes du genre. Mais derrière ses images numériques parfois indigeste, il y a un film sincère, chaleureux et généreux.
Imparfait, mais terriblement attachant.