Adapté du manga du même nom que je n'avais pas lu avant mon visionnage, ce film d'animation japonais nous fait suivre la passion musicale et l'ascension de Dai Miyamoto, jeune saxophoniste jazz de la province de Sendai. Il décide dès le début du film de rejoindre Tokyo avec l'ambition de devenir un grand artiste et de monter sur la scène la plus prestigieuse du pays. Il rejoint en colocation son ami Shunji qui deviendra le batteur débutant de son futur groupe. Il ne va pas tarder à croiser le chemin de Yukinori, jeune pianiste virtuose et compositeur de talent qui intégrera leur groupe naissant. Le trio va ensuite gravir avec ambition les marches du succès musical, non sans certaines péripéties. Le tout à force de passion, de persévérance, de travail et de camaraderie.
Dans le fond assez classique, l'histoire reprend les codes du manga en les adaptant à l'univers du jazz et le mélange fonctionne parfaitement. Nous sommes sur un mix shonen / seinen à mon sens. Le style visuel léché, donne lieu à des tableaux et des plans magnifiques. Les séquences musicales sont excellentes pour peu qu'on apprécie le jazz et surtout le saxophone. Saluons ici le travail superbe de la compositrice et pianiste japonaise Hiromi, que je vous recommande d'écouter. Le réalisateur parvient à rendre ses personnages attachants tout au long d'un scénario simple mais bien ficelé qui réservera son lot de surprises et d'émotions.
Porté par une animation superbe avec notamment des mélanges judicieux de différentes techniques, et une bande son tout aussi qualitative, le film est de plus en plus prenant au fur et à mesure qu'on avance dans l'histoire. Le déroulement rythmé et fluide nous amène à finir en apothéose lors d'une longue scène finale des plus réussies.
Une bonne dizaine de minutes en forme de climax, durant laquelle se mélangent virtuosité musicale, créativité visuelle, et émotions. Un véritable cocktail haut en couleurs. Cette scène est un ravissement pour les yeux et les oreilles du spectateur. Tout comme le reste du long-métrage.
Côté défauts, le film n'échappent pas à quelques clichés sur la musique ou le manga, avec parfois des personnages qui se montrent archétypaux et quelques scènes un peu caricaturales. On pense par exemple aux moments où sont rappelées de manière convenue, les valeurs de l'amitié, du travail ou encore de la persévérance... Le côté shonen transparaît beaucoup durant ces courts passages et peut faire sourire le cinéphile averti, tout en rassurant le lecteur aguerri de mangas. On sent le respect pour l'œuvre originale, produit d'un genre très codifié. Oui, nous sommes bien dans un manga : une histoire de passion d'ambition et d'amélioration de performance individuelle d'un jeune homme à travers un parcours initiatique fait d'épreuves, d'entraînement et de camaraderie. On y retrouve donc les défauts inhérents au genre. Par exemple, la quasi absence de personnage féminin (à l'exception de la patronne du bar jazz, qui joue un rôle important, mais discret, dans l'ascension de notre trio).
Malgré ces quelques rares défauts, Blue Giant est un excellent long métrage d'animation qui brille par une forme, virtuose comme son personnage principal, bien qu'assez classique sur le fond.
Si vous êtes sensible à la thématique musicale et que vous n'êtes pas allergique à de longues séquences de saxophone jazz, vous pouvez le regarder sans hésiter.
Note spoil : sachez qu'il y a également une scène post générique qui ouvre sur une suite. Ce qui n'est pas une surprise car les aventures musicales de Dai se poursuivent en Europe puis au Etats-Unis dans les suite du manga (Blue Giant Supreme, Blue Giant Explorer, Blue Giant Momentum).
Ma note 15/20
Retrouvez l'ensemble de mes critiques sur mon blog : tempsdecerveaudispo sur Wordpress
https://tempsdecerveaudispo.wordpress.com