-et vous gagnez ? Jamais :)-
La mise-en-scène de Melville sur ce film est assez classique, chiadée. Les décors sont assez beaux, notamment dans les intérieurs aux motifs hypnotisant des appartements, ou l'extérieur étouffant de Montmartre, toujours surchargé.
La musique est assez constante dans le film et donne un côté assez épique, mais aussi épuisant. Il s'en sert cependant assez bien pour changer l'ambiance et surtout modifier le rythme de l'action. C'est très audible au moment où Paul marche erratiquement dans Paris, la musique change à chaque cut et modifié complètement la temporalité du moment. Au casino, elle est plus mince, tendue. Et le moment laissé un peu place aux silence et aux différents bruits, ce qui renforce la séquence.
L'écriture est assez réussie. Les dialogues sont francs, ironiques et créent souvent une tension présente tout du long, donnant un ton particulier à l'endroit. Le film est aussi accompagné d'une voix off, très rare et plutôt descriptif, qui offre au film une certaine poésie et clarté quant à ses différents thèmes.
Le film reste très concentré sur ses personnages, la caméra souvent serrée sur eux. Et surtout à Bob, dont on dépeint le portrait, qui ne prendra tout son sens qu'à la toute fin du film. C'est un vrai addict au jeu d'argent, et surtout répondant à une morale rigide. Il est avant tout attiré par l'argent mais n'hésitera pas à essayer d'aider une jeune femme qui tombe dans la prostitution, dont il déteste le proxénète.
On comprendra vite que le monde de la nuit qui nous est dépeint dans un cadre plutôt divertissant, n'est qu'un combat d'égo stérile puisque tous se feront niquer car ils ont trop ouvert leur bouches (l'un à sa femme, l'autre à celle qu'il drague, pour se la péter. Les femmes étant surtout là comme problématiques pour l'intrigue).
La fin est très belle, d'une banalité et d'une poésie folle, et l'on comprend que le casse n'était qu'un pari comme les autres, truqué (la pièce double face, le gain énorme, etc.).