Peu présents dans les médias, et le cas échéant souvent pour être ridiculisés ou caricaturés, les culturistes vivent dans un véritable microcosme. Qui avait déjà été révélé au grand public avec le célèbre "Pumping Iron", d'ailleurs directement référencé ici d'entrée de jeu.
Roschdy Zem cherche en quelques sortes à faire l'extension du fameux documentaire, en traitant ce monde avec beaucoup de respect. On le découvrira à travers les yeux d'Antoine, un magouilleur raté des quartiers populaires de Vénissieux. Antoine est contraint de se réfugier vers St-Etienne chez ce père qu'il n'a pas vu depuis des années, culturiste de haut niveau.
Il est amusant d'y voir l'énorme contraste. Antoine a tout raté, n'a pas d'objectif, ne connait pas le vrai travail. Face à lui, des bodybuilders au mental d'acier, carrés, dédiés à leur passion, ne transigeant d'aucun écart pour se préparer à leur championnat. Le véritable point commun entre Antoine et son père : leur égoïsme respectif, et les mauvaises décisions prises dans le passé.
La relation père/fils est classique, de même que la sous-intrigue des voyous qui pourchassent Antoine. L'intérêt ici est vraiment la plongée dans ce monde, et la prestation des deux protagonistes.
Vincent Rottiers fait très bien le loser qui enchaîne les décisions stupides... mais il faut dire que son personnage est sacrément agaçant ! Yolin François Gauvin, véritable bodybuilder, étonne beaucoup. Son air calme et déterminé, et évidemment sa carrure hors normes, en imposent à l'écran. Pour l'anecdote il était prévu à la base que ce soit Antoine de Caunes (!) qui incarne ce personnage, mais l'acteur n'a pas pu prendre autant de muscle que prévu en s'entraînant.
En somme, la trame est conventionnelle, la réalisation professionnelle, mais l'originalité du sujet et son traitement sérieux ressortent bien.