Il est des critiques qui feraient mieux de ne pas être, ainsi certains reprochent au film de ne pas être un autre film ! Passons ! Il est une légende persistante et colportée par Ravel lui-même selon laquelle le Boléro ne serait qu'une musique anecdotique et pénaliserait l'écoute du reste de l'œuvre du composteur. Or on peut considérer cette légende comme fausse, si l'œuvre de Ravel est globalement intéressante, c'est bien le Boléro qui a assis sa réputation. Nous assistons ici aux vicissitudes de la création de la part d'un homme tourmenté par le vertige de la page blanche et par l'impossibilité de s'affirmer complétement avec les femmes. Et si le film semble avoir quelques difficultés à démarrer c'est pour ensuite gagner en puissance. On n'est pas près d'oublier le sourire de Doria Tillier ou l'étrange charme quasiment érotique de Jeanne Balibar et de ses danses... Et puis cette fin, ou Ravel mourant revoit les visages des femmes qui ont compté dans sa vie... Ce Boléro est un grand film et un hommage puissant à Ravel et à son Boléro.
P.S. :Je voudrais terminer par remercier Anne Fontaine d'avoir donné un petit rôle à Katia Tchenko, celle qui nous avait tant charmé dans quelques bons nanars des années 1980.