Partis en week-end romantique, et avec le dessein d'une demande en mariage de la part de monsieur, Sage et Diego découvrent la superbe maison qu'ils ont louée au bord d'un lac... quand un autre couple, Cin et Wil, arrive également sur les lieux disant avoir également réservé la demeure sur la même période.
D'un commun accord, les quatre vacanciers acceptent de séjourner sous le même toit. Très rapidement, les questions posées par Cin et Will sur leur relation créent un certain malaise chez Sage et Diego... Vraiment dommage que, comme nous, ces derniers n'aient pas vu la scène d'ouverture de "Bone Lake", où un couple nu tentait d'échapper aux flèches d'une arbalète tirées en pleine forêt, afin de se douter que quelque chose de très louche se tramait à leur encontre.
Un conjoint aveuglé par ses ambitions d'écrivain et sur le point de faire sa demande à une femme qui est en train de sacrifier sa carrière pour lui, en plein doute sur leur relation (même sur un plan sexuel)... Autant dire que l'élément perturbateur, représenté par le duo Cin et Will, bien plus libéré à tous les égards, a un bon vivier pour s'amuser à titiller leurs colocataires de circonstances sur leurs failles de couple et à chercher tour à tour à les faire succomber à leurs charmes.
Thriller érotico-soft se pensant sans doute terriblement sulfureux (spoiler: non), "Bone Lake" se contente de creuser le sillon de nombreux autres passés avant lui, avec un couple dysfonctionnel manipulé par un autre qui, pour des raisons encore obscures, a juré sa perte. Pas déplaisant à suivre dans un premier temps si l'on accepte de se prêter au jeu, ce qui ressemble à un épisode de "L'île de la Tentation" dans le huis-clos de cette villa en bord de lac plein de squelettes n'a tout de même pas grand chose à offrir de neuf à ce type d'intrigue en mode jeu de séduction pervers et a aussi du mal à passer le cap de certaines réactions irrationnelles (pas plus de questions que ça de la part des héros sur certaines pièces de la maison ou, le pire, ce moment crucial volé à Diego par Will lors d'un petit déjeuner, personne n'aurait laissé passer ça même si le film tente tout pour nous le faire avaler).
Toutefois, "Bone Lake" a pour lui l'étonnante générosité de son dernier acte, non pas du côté de ses révélations (un certain côté déviant sonne trop artificiel, comme s'il était là pour contrer l'aspect finalement très sage de tout ce qui a précédé), mais dans la violence de la confrontation tant attendue entre couples qui amène le film dans un registre de survival sanglant que l'on n'avait pas forcément vu venir pour un résultat plutôt fun, jusqu'à son plan final très bien trouvé.
Ce ne sera pas assez pour sauver "Bone Lake" de son statut de petit thriller oubliable mais cela aura au moins le mérite de nous le faire quitter sur un sourire loin d'être feint.