C'est le portrait édifiant d'un médecin de famille parisien dont le film salue le dévouement et la foi en sa discipline à travers la succession de ses visites quotidiennes, diverses et variées. Le docteur Forget est interprété avec son esprit habituel par un Noël-Noël persuasif et caustique. Et c'est précisément grâce au style de l'acteur (et co-dialoguiste), entre fantaisie et humilité - ne roule-t-il pas en 2CV?- que le sujet évite une approche trop scolaire ou complaisante.
Contre les croyances, mauvaises pratiques et préjugés, contre la misère sociale, le toubib montre une détermination et une disponibilité à toute épreuve, sans préjudice de mouvements d'humeur -voir comment il répond à une demande d'avortement ou défend sa profession quand il le faut. Le personnage est fort sympathique -c'est fait exprès évidemment- à la fois dans sa pratique et dans ses conceptions.
Pour corser ou pour enrichir le scénario, les auteurs dotent le toubib d'un fils (Georges Descrières) qui vient de rater son concours de médecine et n'ose pas l'avouer à son père. La bluette d'amoureux nunuches entre Junior et une voisine ne s'imposait pas; en revanche, le personnage du fils est utile et habile pour créer le dialogue entre deux générations et deux points de vue.