Une vision poétique et une image léchée. Un film presque publicitaire sortie par une influenceuse lifestyle. Malheureusement, il n’y a plus grand-chose derrière ce vernis de surface. On a l’impression d’assister à la projection d’un conte estival sous filtre Instagram où tout le monde semble trop parfait pour être vrai ou touchant.
Où est la tragédie existentielle qui se suffit presque par son triangle mimétique, entre désir, rivalité et destruction ? Le film échoue à capter la noirceur du roman.
Il se veut une réinterprétation moderne, pourtant, tout est fade, des partis pris aux acteurs choisis. C’est lisse et sans profondeur.
La version de 1958, plus fidèle au roman, est un bijou, certes daté, de justesse. Elle est plus vivante, plus vraie, plus précise, et même plus féministe paradoxalement. Elle ose plus que cette relecture contemporaine qui semble paralysée par son propre esthétisme.
Le scénario se lit au travers du contexte d’après-guerre, de la bourgeoisie de ce temps et de leurs mœurs. Adapter à notre époque est tout un travail minutieux, il aurait fallu proposer une bourgeoisie désabusée plus crédible, un peu comme peut le proposer The White Lotus.
Ce que la version 2024 rate complètement, c’est la figure masculine de Raymond, dont l’égoïsme chic et l’allure désabusée détruisent littéralement toutes les femmes qui gravitent autour de lui. Le père devient un personnage secondaire, presque décoratif. Le film préfère la joliesse à la violence sociale, oubliant que c’est justement cette tension entre charme et prédation qui donne toute sa force à l’histoire.