Une surveillante de prison d'origine maghrébine est mutée de région parisienne à la prison de Borgo en Corse. Elle s'installe sur l'île de beauté avec son mari (d'origine africaine) et leurs deux enfants.
Le spectateur découvre avec elle que le quartier de la prison où elle travaille ne fonctionne pas vraiment comme à Paris. Tous les Corses, quel que soit leur clan sont placés ensemble dans le même quartier, ici pas de noirs ni d'arabes, avec cellules ouvertes pendant une grande partie de la journée, c'est la "paix des braves". Bref, on a l'impression de la prison de Pablo Escobar en Colombie tel qu'on peut le voir dans la série Narcos par exemple. Dans la prison, on dit que ce sont les détenus qui surveillent les gardiens et non l'inverse. Ça semble une découverte pour le réalisateur, c'est en réalité le cas dans toutes les prisons (et pas seulement françaises, et pas seulement Corses).
La surveillante qui a une relation presque amicale avec les détenus va progressivement sombrer vers l'illégalité. Des petits services comme procurer des cigarettes ou un ventilateur, elle va glisser vers des actes de plus en plus répréhensibles. Si le film a le mérite de montrer le fonctionnement des prisons, en en particulier en Corse, et aussi la mentalité de la criminalité Corse, il semble faire du cas de cette surveillante une exception, et c'est là le problème : à l'heure où Gérald de Darmanain veut faire des prisons de haute-sécurité, il semble oublier que la corruption des gardiens de prison est un phénomène systémique, et c'est là que le film reste au niveau du fait divers alors qu'il s'en fallait de peu pour s'élever vers l'universel.
Cela reste tout de même un très bon film avec une tension qui monte peu à peu, dessinant les contours de la tragédie qui est en train de se mettre en place. Avec une fin ... inattendue.
7,4/10