Ce biopic me rappelle un peu celui sur Bobby Darin, « Beyond The Sea » réalisé par Kevin Spacey (je vous le conseille fortement). C’est le genre de film, qui passe un peu inaperçu chez nous, alors qu’il mérite un peu plus de lumière. On y découvre ou redécouvre des artistes légendaires et c’est le cas avec « Born To Be Blue ».
Robert Budreau nous livre un biopic très intéressant. La mise en scène est assez classique dans l’ensemble, mais on a le droit par moments à des scènes vraiment magnifiques. La lumière tient une place importante et elle est globalement maîtrisée. Le rythme est posé, à l’image de la musique de Baker. Le réalisateur/scénariste s’est concentré sur la traversée du désert du jazzman, qui a eu lieu de 1966 à 1973.
Les décors et les costumes correspondent à l’époque et intensifient l’immersion au sein du long métrage.
Le scénario explore de manière subtile le passé de Baker (sa première femme, sa rivalité avec Miles Davis, la drogue…). L’histoire d’amour et la résurrection mélancolique sont plutôt bien menés. On voit Chet et sa compagne en pleine errance et pauvreté, essayant de remonter la pente, l’un veut retrouver la gloire passée sans l’héroïne et l’autre veut percer au cinéma. Le romantisme du film ne sombre pas dans les clichés de base. La relation père/fils chez les Baker sonne un peu le déjà vu, mais aussi l’époque qui voulait ça, artiste n’était pas considéré comme un réel métier par les parents. La conclusion du film est brillamment orchestrée que soit sur le papier qu’à l’écran.
En ce qui concerne la bande originale, on retrouve bien évidemment les grands classiques du chanteur/trompettiste. Les chansons sont dans l’ensemble bien utilisées au sein du film.
On sort de ce film avec l’impression d’avoir appris pas mal de choses sur la vie et la musique de Chet Baker. C’était certainement le but recherché, donc pari gagné pour Robert Budreau et Ethan Hawke. On aurait aimé un plus d’audace dans la mise en scène, il y avait matière à imposer une véritable identité à ce film. Cela aurait été un beau clin d’oeil de voir Don Cheadle en Miles Davis, lors de la scène finale. En dehors de ça, c’est une réussite.
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