Ce qu’il y a de bien parfois avec les DTV chinois, c’est qu’ils sont très courts, qu’ils vont à l’essentiel, qu’ils nous racontent une histoire qui va d’un point A à un point B sans jamais dévier de trajectoire, sans se poser plus de question que ça. Et lorsqu’on a un petit trou dans un emploi du temps, c’est vite calé. Parfois, on tombe sur de biens beaux étrons car c’est dur de s’y retrouver quand on choisit des films un peu au hasard, à la jaquette, tant l’offre est assez impressionnante en termes de choix. Mais parfois aussi, on tombe sur des bons petits films et ça a été le cas avec ma dernière tentative, le film de 2025 Bound of a Promise, un petit wu xia qui ne paie pas de mine, qui au final n’a rien d’exceptionnel, mais qui se fait vraiment efficace en 1h09 top chrono génériques compris. Un film simple qui procure un plaisir simple et parfois c’est juste ce qu’on a besoin.


Le film est mis en scène par Gao Cheng-Gang, un réalisateur chevronné du DTV chinois puisqu’il a signé pas moins de 19 films en 9 ans, comme par exemple The Ruthless Detective (2018) et sa suite The Ruthless Detective 2 (2019) ou encore Deadly Attack (2025). La structure narrative de Bound by a Promise est des plus simples et, passé le premier acte de mise en place, le film se concentre sur une succession d’embuscades tendues par des chasseurs de prime et des ennemis revanchards que vont subir notre groupe de soldats escortant leur prisonnier afin qu’il soit jugé. Le film de Gao Cheng-Gang est visuellement soigné, ce dernier préférant les extérieurs verdoyants naturels aux décors studios qu’on a parfois l’habitude de voir et si on enlève la pluie numérique pas réellement du plus bel effet et le sang numérique parfois approximatif qui viennent trahir le budget du film qui n’a pas dû être très élevé, Bound by a Promise est réellement agréable pour les yeux. Le scénario du film est donc des plus simples, avançant rapidement pour aller d’un point A à un point B, mais c’est clairement suffisant pour ce que le film raconte. 1h09, c’est court, le scénario avance très rapidement et le film est assez rythmé, sans pourtant enchainer les combats, du moins dans sa première moitié. C’est prévisible, certes, en particulier pour ceux qui ont l’habitude de ce genre de spectacle, mais si on se laisse porter, ce n’est à aucun moment problématique car les thématiques abordées par le film sont plutôt bien traitées. La thématique principale, elle est dans le titre anglais, la promesse, et en l’occurrence ici une promesse faite par un soldat d’arriver coute que coute à destination car c’est ce qu’il a promis. C’est le code d’honneur militaire qui va être l’élément central du film et son traitement va permettre de créer une certaine gravité lorsque notre groupe de soldats qui se mettre à diminuer petit à petit. Les personnages sont nombreux et c’est un des problèmes du film. En 1h09, il n’a clairement pas le temps de les développer et une bonne partie sont uniquement là pour servir de chair à canon au fur et à mesure que le périple de notre héros et de son prisonnier se rapproche de sa destination. Néanmoins, les trois / quatre qui ont droit à un traitement un peu plus poussés sont rapidement attachants, possiblement grâce à un casting qui tient la route.


Il y a tout d’abord Huang Tao, vu dans Eye for an Eye 2 ou Blade of Fury, qui campe parfaitement ce sabreur poète, l’antagoniste du film, bien plus nuancé qu’à l’accoutumé et du coup bien plus intéressant. Mais celui qui tire son épingle du jeu, c’est l’omniprésent Lu Li-Qun (Ace Bodyguard, Desperado), qui devient petit à petit une figure incontournable du cinéma d’action des plateformes de SVOD chinoises. Bien qu’il ne soit pas un acteur martial à la base, il reste malgré tout très athlétique et a une réelle présence dans toutes ses scènes. Son charisme bien moins lisse que bon nombre de jeunes acteurs chinois presque interchangeables apporte une réelle crédibilité aux scènes de combats avec son jeu sobre qui colle parfaitement à son personnage, et son implication de manière générale dans chacun des plans où il est présent. Son rôle de sabreur handicapé est des plus intéressants, bien que cela ait déjà été fait plusieurs fois auparavant, et le réalisateur arrive à le rendre intense. Les scènes de combats sont intéressantes. Malgré des ralentis un peu trop appuyés et putassiers lors des mouvements les plus impressionnants, l’ensemble est réellement lisible et les chorégraphies sont simples mais soignées et nerveuses. Le chorégraphe n’hésite pas à verser de temps à autres dans le wire-fu même si ce n’est pas ce qui caractérise le plus les affrontements. La caméra est moins virevoltante que chez un Qin Peng-Fei (Blade of Fury), les plans sont plus posés, ce qui n’empêche pas les combats d’être dynamiques, parfois brutaux, avec une fatigue qui se ressent chez les personnages. Le climax est bien entendu la scène finale, au col de Baimagu que les protagonistes essaient d’atteindre, une scène marquante car changeant un peu les codes qu’on a l’habitude de voir dans les DTV chinois du genre, peut-être la seule scène qui ne file pas tout droit sur des rails comme le reste du film. On sort de Bound of a Promise plutôt enchanté, avec cette impression d’avoir certes vu un petit film, mais un petit film solide et efficace.


Bound by a Promise n’est peut-être au final qu’un Wu Xia parmi tant d’autres, il n’en demeure pas moins un divertissement solide et efficace, en particulier grâce à son acteur principal Luo Li-Qun qui apporte une certaine crédibilité aux scènes d’action.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-bound-by-a-promise-de-gao-cheng-gang-2025/

cherycok
7
Écrit par

Créée

le 10 mars 2026

Critique lue 2 fois

cherycok

Écrit par

Critique lue 2 fois

Du même critique

Barbaque

Barbaque

4

cherycok

1680 critiques

The Untold Story

Très hypé par la bande annonce qui annonçait une comédie française sortant des sentiers battus, avec un humour noir, méchant, caustique, et même un côté gore et politiquement incorrect, Barbaque...

le 31 janv. 2022

Avengement

Avengement

7

cherycok

1680 critiques

Critique de Avengement par cherycok

Ceux qui suivent un peu l’actualité de la série B d’action bien burnée, savent que Scott Adkins est depuis quelques années la nouvelle coqueluche des réalisateurs de ce genre de bobines. Mis sur le...

le 3 juil. 2019

Journey to the West: Conquering the Demons

Journey to the West: Conquering the Demons

7

cherycok

1680 critiques

Critique de Journey to the West: Conquering the Demons par cherycok

Cela faisait plus de quatre ans que Stephen Chow avait quasi complètement disparu des écrans, aussi bien en tant qu’acteur que réalisateur. Quatre ans que ses fans attendaient avec impatience son...

le 25 févr. 2013