Après des années de recherche,Walter Moreland et son équipe de chasseurs de trésors trouvent enfin,au large de l'Espagne,l'épave d'un navire ancien contenant une précieuse cargaison.Mais à peine ont-ils remonté leur butin des fonds marins que la marine espagnole déboule et confisque leurs découvertes.Pas content,Moreland fait un procès à l'Espagne et le perd.Il ne veut pas en rester là et organise un casse de la Banque d'Espagne,située à Madrid,où ont été enfermées ses luxueuses trouvailles.En plus de sa bande habituelle,il recrute Thom Johnson,un jeune scientifique de génie,car le système de protection de l'établissement est réputé inviolable.Tout ça se déroule en juillet 2010,en plein pendant la Coupe du Monde de foot disputée en Afrique du Sud,celle-là même où les Français se sont illustrés de la manière qu'on sait,une compétition que remportera l'Espagne,dont des centaines de supporters suivront les matches sur un écran géant situé juste devant la Banque en question.Cette coprod hispano-anglaise s'inscrit dans la longue lignée des films de hold-up irréalisables que des petits malins parviennent cependant à accomplir en imaginant un tas de méthodes sophistiquées.C'est réalisé par Jaume Balaguero,plutôt un spécialiste du film d'horreur,à qui l'on doit notamment la franchise des "REC".Il tente ici de se la jouer à l'américaine en shootant à l'épate ce thriller faussement complexe qui se contente de régurgiter platement tous les poncifs du genre,d'ailleurs le nom de Danny Ocean est carrément cité à un moment.S'ensuit donc une longue enfilade d'invraisemblances débiles mettant en scène un gang composé de membres ayant chacun un don particulier.Walter est le chef et le cerveau,celui qui commande les opérations,James est le costaud,ex militaire d'élite prêt à tous les exploits physiques,Lorraine est la jolie fille de service,aux dons de pickpocket exceptionnels et as du déguisement,Klaus est le geek surdoué qui maîtrise l'informatique comme personne,et Simon est le gars rusé qui fournit tout le matériel nécessaire.Quant à Thom,c'est le mec qui a une idée lumineuse à chaque fois qu'un problème insoluble se présente,normal c'est un HPI.On se demande ce que ce mec que toutes les multinationales s'arrachent et qu'il repousse à cause de ses convictions humanistes vient foutre au milieu d'une entreprise criminelle,mais il ne faut pas trop chercher.On assiste à tous ces trucs incroyables qu'on a vu des milliers de fois,ces intrusions informatiques faciles,ces malfaiteurs qui rentrent dans un lieu hyper sécurisé en se faisant passer pour l'équipe de ménage ou pour une experte en art,et qu'on laisse se baguenauder à travers des couloirs et dans des bureaux où il n'y a bizarrement personne,quel pot!Sans oublier le coup de la boucle filmique,qu'on a vu traîner partout,ces images piratées qu'on balance sur les écrans de surveillance qui masquent ce qui se passe vraiment,trompant la vigilance des gardes.Ces machins électroniques à installer en peu de temps,avec suspense intégré quand quelqu'un se pointe à la dernière seconde,mais ouf ça passe de justesse!Bref,ce temple du claquemurage sécuritaire de la mort,c'est l'open space à la Schengen.Et ça continue avec cette balance géante située sous la salle des coffres,qui constitue le secret de la sécurité absolue du lieu,que nos guignols trouvent en moins de deux.Le pire est encore ce qui se passe le jour du casse.Le chef de la sécurité,un teigneux très intelligent,sait que les voleurs vont se pointer,et il sait quand.On se dit qu'il devrait foutre des gardes partout,et principalement dans la chambre forte et ses alentours.Mais pas du tout,on laisse les pieds-nickelés venir et faire leur affaire,avant de réagir trop tard comme il se doit.Bien sûr on aura la trahison d'un des truands,et la fin à double détente bien craignosse qu'on avait vu venir.C'est interprété par un casting de demi-vedettes british et quelques stars du ciné espagnol,avec en figure de proue la tête à claques de Freddie Highmore,qui coproduit le film.C'est marrant qu'on file des rôles de génies à un gars qui a une telle tronche de demeuré,il fait ça aussi dans la série "Good doctor".Sinon ses capacités en art dramatique n'ont pas évolué,il joue toujours comme une bille carrée et promène tranquille son air ahuri de démoulé trop chaud à côté de la plaque.Liam Cunningham en vieil explorateur revanchard et Sam Riley en Rambo du pauvre ont oublié le charisme à la maison,tandis qu'Astrid Bergès-Frisbey,la fille du puisatier de Daniel Auteuil,combine laideur et incompétence et se ridiculise en essayant piteusement de faire la fille badass.C'est mieux du côté des Espagnols,avec un excellent Luis Tosar en fournisseur de matos de luxe,et surtout un phénoménal José Coronado en chef de sécurité atrabilaire et parano.Famke Janssen poursuit sa lente descente avec un quasi caméo qui lui permet d'exposer encore une fois les dégâts de son lifting raté.