Ken Loach exporte aux Etats-Unis son discours social, sa dénonciation de l'injustice et de l'exclusion. Et à Los Angeles, au pays du capitalisme pur et dur et des fortunes colossales, son credo, sa sensibilité humaniste peuvent s'exercer aussi bien que dans l'Angleterre post-tatchérienne. Son film est un poil à gratter dans une société où l'individualisme et l'argent sont une doctrine à ne pas contester.
Loach s'intéresse au sort d'immigrés mexicains, clandestins pour la plupart, ayant fui la pauvreté de leurs pays pour le supposé El Dorado américain, et son film est le récit du combat syndical qu'engage une équipe d'agents d'entretien réclamant les droits élémentaires dont ils sont privés. Pain et roses, salaire et dignité, sont les revendications d'une communauté d'étrangers tolérée mais dédaignée, exploitée et vulnérable. Et le cinéaste de poser le dilemme classique du prolétaire en grève: se contenter de ce qu'il a ou risquer de tout perdre.
Comme souvent, chez Loach, l'humour n'est pas absent du drame social et des malheurs individuels. Le film, fort de son réalisme humain, débouchant sur une ou deux scène bouleversante, n'a pas besoin de verser dans le misérabilisme pour être éloquent.
Nouvelle arrivante aux Etats-Unis, Maya est le personnage central du film, découvrant tout en les partageant le sort et la condition précaires de l'expatrié mexicain. Dans leur lutte aux côtés d'un jeune syndicaliste américain impertinent, Maya et ses compagnons d'infortune ne peuvent que recueillir la compassion et les suffrages du spectateur.