Le film se termine et l'on retrouve enfin son souffle. La claque, clairement inattendue.
Breathing In est un huit-clos étouffant, un piège venimeux qui se referme sur le spectateur comme sur son principal protagoniste. C'est la curiosité qui nous tient d'abord en haleine, ne comprenant pas les enjeux derrière l'arrivée d'un adjudant dans une ferme sombre, isolée, perdue au fin fond de l'Afrique du Sud des années 1800, en pleine guerre. L'homme y retrouve une vieille femme inquiétante et sa fille, jeune, éthérée, innocente. En présence également, et raison initiale de sa visite, un vieux général agonisant. La pluie bat au dehors, la boue et l'obscurité imbibent chaque recoin du tableau.
A mesure que les scènes s'écoulent, on voit les ressorts psychologiques du piège se tendre lentement, en une mécanique infernale et bien huilée. L'adjudant n'aura de cesse d'essayer de partir, mais il n'en trouvera jamais réellement la force, et peu à peu, la tension et le malaise montent, le malsain et l'étrange s'intensifient, jusqu'à ce que la folie soit partout. Paroxysme de cette spirale infernale, la fin originale et implacable, qui après avoir convoqué toute la mystique de la folk horror, se fait naturaliste dans la mise en scène des dernières secondes, presque documentaire.
On en ressort le souffle coupé, les nerfs à bout. Breathing In est une véritable pépite, avec une ambiance poisseuse aussi réussie que The VVitch, la tension qui manquait cruellement au film de Robert Eggers en plus.