Satisfaction ? Les insatisfactions d'un leader déchu...
.
Entre les Beatles et les Rolling Stones, j'ai toujours préféré ...les Hollies créés en 1962 qui ont commencé à décliner en 1969... La gloire est souvent éphémère...
On trouve dans leurs anciens disques et CD un catalogue de titres aussi superbes que trop rapidement oubliés et que je conserve comme objets rares et si attachants...
Ensuite les Beatles : bien propres sur eux, polis, talentueux, bordéliques mais pas trop : ils étaient bien meilleurs musiciens, (John Lennon s'auto-affirmant lui-même être insurpassable) et n''ont-ils pas étés anoblis par la Reine) ?
Si bien qu'entre Mc Cartney et John Lennon, il n'y aura jamais eu de leader incontesté...
En ce qui concerne les "Pierres qui roulent", j'ai toujours considéré Mick Jagger comme chef de file. A tort car maintenant, je m'interroge...
Brian Jones (1942-1969) multi-instrumentiste, a toujours été superbement ignoré par le public comme chef de file : trop effacé ? Alors même que c'est lui qui avait initié le groupe lequel a fini par le destituer !...
Ce film documentaire est une pépite pour ceux qui n'ont pas connu l'époque yéyé, où, partout dans le monde, les guitares électriques et autres instruments électroniques révolutionnaient la musique.
Celle des "vieux" d'avant seconde guerre mondiale,la nouvelle étant promue dans leur diffusion par les radios pirates et privées : les TSF officielles boycottaient ces musiques de fous, d'excités et de filles hystériques !
Il suffisait d'un chanteur, d'une guitare basse, d'accompagnement, solo, et d'une batterie pour se lancer à l'assaut du monde... comme le firent les Shadows mais sans chanteur, pour gagner des fortunes en se produisant sur scène, dans de boites pour conquérir le monde et les filles, .
Hélas pour beaucoup, la fortune et le succès souvent trop subitement acquis, leur montaient à la tête et cette vie trépidante s'accompagnait d'effets pervers : une profusion d'amantes, une consommation excessive de drogue, d'alcool, de tabagie !
Moteur :
.
"Brian a connu une existence difficile : son père n'a jamais admis qu'il soit un peu en dehors des "clous" et des conventions so british : comme dans ce système aux normes de l'époque, il attendait de lui qu'il ait un métier stable, bien rémunéré, procrée avec une épouse fidèle et ne soit pas un rebelle... Or, toute la jeunesse de l'époque, les babyboomers entre autres, l'étaient... et il est mis à la porte... Son style de vie reposera alors sur la conquête d'une fille, à qui il fera un enfant, puis celle des parents qui l'hébergeront..
On lui connaît sept enfants de mères différentes. (un a été adopté par Donovan)
A cette époque, il arrivait qu'entrant dans leurs chambres d'hôtels, les stars du hit-parade découvrent une fille nue les attendant dans leur lit, prêtes à s'offrir à eux...
Une existence dissolue pour cet écorché vif de Brian qui voulait créer un groupe évoluant dans le style musical un peu blues-country... Pas trop genre Mick Jagger braillant, gesticulant et hurlant dans son micro, et que je ne portais pas dans mon cœur...
Brian ressemblait à un garçon trop timide, pas assez affirmé et se laissant trop facilement conquérir par les femmes ! Mais quand vous n'avez pas connu d'autre amour et que vous êtes en manque...
Une vie somme toute épouvantable en dehors des paillettes artificielles et de la débauche sexuelle. Brian aura une triste fin, aussi évanescente que le personnage...
Devenu incapable de composer, jouer d'un instrument (son groupe faisait "semblant" de l'enregistrer) il sera retrouvé mort au fond d'une piscine. Il avait pris un somnifère, mélangé à de l'alcool et autres addictions, mais l'examen médical révèlera aussi un foie et un cœur hypertrophiés, dus à usage massif d'alcool et de drogue... D'autres soutiendront qu'il s'agissait d'un meurtre déguisé en accident, ainsi que l'avouait son auteur sur son lit de mort... On ne saura jamais..Et à quoi bon : tous les protagonistes sont disparus".
Le show rendu en hommage à Brian Jones aura réuni un demi-million de personnes... Un triomphe posthume auquel il ne pensait plus...
Et aura aussi marqué la fin de l'époque sixties. Une bien triste fin.
La vie d'une star ayant bien peu brillé : ce film documentaire de 95 minutes, très documenté et fourmillant de témoignages de Nick Broomfield est à ne pas laisser passer si vous souhaitez vous tremper dans l'ambiance yéyé et un peu hippie d'alors : "faîtes l'amour, pas la guerre !"...
.
Arte le 15.05.2026-