Dés les premières annonces autour de Brightburn l'ambition était claire : James Gunn s'en prendrait au mythe du super héros le plus connu de tous afin d'en montrer une version alternative, sombre et horrifique. L'idée derrière le film n'est pas mauvaise : avec de tels pouvoirs, que donnerait Superman s'il était mauvais ?
Le topo le montre donc, il s'agit là avant tout d'une production par un fan de comics américains pour les fans de comics américains. Il va ainsi sans dire que pour apprécier les qualités du long métrage, mieux vaut bien connaître son classique. Mais c'est également ce qui va faire le gros défaut du film car passé le délire du fanboy il ne reste malheureusement pas grand chose à apprécier.
Le scénario peine ainsi à dépasser son postulat de base -un superman en négatif - et ne parvient jamais vraiment à y apporter quelque chose de plus. Le long métrage se précipite donc rapidement vers le genre horrifique comme pour masquer le vide qui commençait à pointer son nez dans l'écriture. Et pour achever de masquer les creux, la réalisation prend le parti d'un gore explicite pour remettre un peu de spectaculaire et essayer de se donner un peu de cachet.
Alors on a bien quelques acteurs qui vont verser une larmes ici ou là pour essayer de faire parvenir quelques émotions, de mettre un peu en avant le côté familial qui se joue dans le drame proposé, mais l'antagoniste/personnage principal est quant à lui écrit de façon si hermétique que rien n'en transparaît.
L'idée à la base avait donc de quoi faire saliver le fada de l'homme d'acier comme je peux l'être, pour autant la réalisation et le résultat ne sont peut-être pas à la hauteur, se contentant de répondre à la seule promesse d'un personnage mythique revu en version négative et horrifique. De quoi se demander si le portage sur grand écran était vraiment nécessaire et s'il n'eût pas été préférable de garder l'idée pour des planches de comics et pour un one-shot what-if sympathique.
Remarquons que la scène pré-générique a de quoi nous inquiéter puisque dans un teasing aussi baveux que celui de Batman V Superman pour les personnages de Justice League à l'époque Brightburn nous apprend l'existence d'autres pendants horrifiques de héros estampillés Dc Comics dans son univers. Alors, une suite de prévue ou un clin d’œil amusé au film de Zack Snyder ? On a peur de la réponse.