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Documentaire de Mohammed Alatar ()

Dans le cadre d'un cycle sur la Palestine au cinéma-théâtre de Tonnerre, la diffusion de ce documentaire a porté un coup fatal à la crédibilité du droit international sans pour autant le discréditer tout à fait. Un paradoxe qu'il faut attribuer à la complexité de la situation entre Israël et la Palestine. Et ce avant même l'envenimement du 7 octobre, date fatidique qui a ouvert les portes d'un Enfer dont on n'a pas encore fini de sonder la profondeur. Malgré tout, et si le désespoir apparemment sans recours du peuple de Gaza était le révélateur d'un rejet viscéral au sein de la population mondiale d'une certaine forme de barbarie ? C'est certainement l'espoir que caressaient les juges de la Cour Internationale de Justice au moment de condamner l'érection d'un mur autour de 80% des colonies illégales qui grignotent depuis des années le territoire palestinien. Ils savaient que cette décision ne mettrait pas à bas ce nouveau mur de la honte, mais ils ont eu le courage de la prendre quand même, parce que le droit, c'est le droit, et qu'il faut bien poser des limites, tout en sachant qu'on n'a pas forcément les moyens de les faire respecter. Parce que les États-Unis bloquent tout avec leur droit de véto au conseil de sécurité de l'ONU. Un droit qui semble aujourd'hui bien indu. Bref, une situation inextricable parce que les puissants de notre monde ont sombré depuis longtemps dans une folie mortifère. C'est peu dire qu'ils ne méritent pas l'honneur qu'on leur fait à leur confier la responsabilité de nos destinées collectives. Mais, et c'est l'espoir que ce documentaire accablant fait naître, il reste des idéaux à défendre, ou tout du moins à brandir, et j'ai la faiblesse de croire que ça n'est jamais inutile, même si les fruits peuvent parfois se faire attendre. Comme dans le processus d'éducation des enfants. Sauf que nos puissants n'ont pas 12 ans. Il faut, semble-t-il, continuer à croire que le droit est un idéal qui peut indiquer un cap, qu'il n'est pas toujours dévoyé par des lobbies rongés d'avidité, qu'un jour, les murs seront remplacés par des ponts sous l'effet de l'action de personnes droites et intègres, qui existent bel et bien mais à qui on préfère le plus souvent les corrompus à l'heure de regarder la télé, de verser notre obole ou de mettre notre bulletin dans l'urne. Leurs jours sont très certainement comptés, ayons la sagesse, comme le préconise peut-être naïvement un membre allemand de la CIJ, de ne pas céder à la violence devant les massacres et les injustices. Ce n'est pas nous qu'ils abaissent, mais ce sont bien des innocents qui meurent tandis que les criminels prospèrent, parfois mêmes en exportant les technologies facilitant de nouveaux apartheids.

Créée

le 25 mai 2025

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