Je trouve que le style du film est cohérent avec le personnage de Bronson. C’est une personne violente avec un sens de l’esthétisme disons particulier voir unique. Et c’est une description que je pourrais aussi faire aux films de Nicolas Winding Refn.
Dans Bronson, la photo est volontairement sale, granuleuse, parfois jaunâtre ou verdâtre. Le film est souvent crade dans ce qu’il montre, mais plus globalement dans sa photographie. Donc, là-dessus, rien n'a redire ça colle au personnage de Bronson et pour un biopic, c’est une approche qui a du sens.
Le film se déroule majoritairement en prison, mais à aucun moment, il ne cherche à parler du monde carcéral dans son ensemble. Le sujet du film, c’est Bronson lui-même, son rapport à l’enfermement aussi bien mental que physique.
Ce que j’attends dans un film, c’est que la mise en scène me fasse ressentir quelque chose.
Dans Bronson des fois, ça marche. Par moments, je me suis senti happé par le film, c’est tout con, mais quand Bronson arrive en prison et qu’il tourne en rond, la caméra le suit bah, tu as le tournis, le vertige et tu finis hébété un peu comme lui qui réalise qu’il est enfermé dans une pièce.
Côté narration, c’est très frontal, un peu trop, je pense, mais c’est à l’image du personnage, j’ai envie de dire. C'est parfois grandiloquent, on applique les codes des grands spectacles, surtout avec les morceaux de musique classique épiques qui contrastent avec ce que l’on voit à l'écran souvent des bastons en prison ou une simple marche.
Le côté spectacle, il se retrouve aussi quand Tom Hardy s'adresse directement à nous, quand il est sur scène, habillé en genre de clown magicien.
Bon, c’est clairement Tom Hardy qui porte le film. Il arrive à être imprévisible, à la fois drôle, touchant mais aussi effrayant. Je pense qu’il a bien capté l’essence d’un personnage comme Bronson. Il a un jeu très physique, il va contracter ses muscles, sourire à pleines dents les yeux écarquillés, et au contraire parfois se fermer totalement.
Si je devais seulement juger sa performance ainsi que le premier tiers du film, ce serait vraiment un grand film. Parce que dans ce premier tiers, il y a énormément d'idées, on impose un rythme fort, la narration ne se pose jamais.
Mais personnellement, je trouve que le film peine à se réinventer, on réutiliser en boucles le même procédé (notamment, le décalage musique classique et violence.), le film finit par s'essouffler et ne plus rien me transmettre. L’impact émotionnel s’atténue alors que le film se veut quand même choquant de par sa violence physique mais surtout mentale.
Il y a quand même le dernier plan sur Branson qui m’a glacé le sang et qui marche bien sur moi. Ça instaure un bon malaise. Mais c’est limite désamorcée par le tout dernier plan du film qui est celui de la porte qui est fermé par les gardiens de prison, mais filmé du côté lumineux, on voit clairement les rayons du soleil. On dirait la fin du Parrain, mais en raté.
Donc j’aime bien le début, mais le film est ensuite trop inégal. Tom Hardy sauve plus ou moins le film. Si je devais le comparer à un combattant de MMA se serait par exemple Khalil Rountree. Le mec cogne fort dès le début, mais à un moment, tu vois les limites de sa boxe, il se fatigue, il manque de cardio et finit par se faire mettre au tapis. Donc décevant. Mais tu passes quand même un bon moment devant son combat.
(7/10) Surtout grâce à son premier tiers et son plan final sur Bronson.