Je ne pensais pas qu’un documentaire sur des collégiens jouant aux échecs allait autant me captiver — et pourtant, Brooklyn Castle a réussi ce petit tour de force. Katie Dellamaggiore signe un film à la fois touchant, inspirant et étonnamment vivant. Si je lui donne 8.5/10, c’est parce que j’ai été sincèrement pris par l’énergie du récit… et aussi parce que ces gamins m’ont un peu mis une claque.
Ce qu’on découvre ici, c’est l’histoire de l’école publique I.S. 318 à Brooklyn, qui réussit l’improbable : devenir championne nationale d’échecs, alors que la plupart de ses élèves vivent sous le seuil de pauvreté. Oui, on parle bien d’un club scolaire qui bat des écoles d’élite, sans gros moyens, juste avec du talent, de la passion et une sacrée dose de détermination.
Le film suit quelques élèves de près, chacun avec sa personnalité : le surdoué un peu réservé, la battante ambitieuse, le rigolo au grand cœur... On s’y attache vite, parce qu’ils sont vrais, parce qu’ils doutent, espèrent, s’énervent — comme nous, en fait, mais avec une maturité qui force le respect. On se surprend à vibrer avec eux pendant les tournois, comme si c’étaient les JO.
Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que le film ne tombe jamais dans le pathos. Il y a des difficultés, bien sûr — des familles modestes, des coupes budgétaires, du stress — mais tout est montré avec beaucoup de pudeur et d’élégance. Le ton reste positif, sans naïveté. On sent que le regard de la réalisatrice est bienveillant mais lucide.
Côté forme, le film est plutôt classique dans sa construction : interviews, séquences de tournois, scènes du quotidien... Rien de révolutionnaire, mais c’est fluide, clair, et on ne s’ennuie pas une seconde. Peut-être qu’on aurait aimé creuser un peu plus certains sujets — comme l’impact à long terme de ces parcours ou la vision des profs — mais on sort malgré tout avec le sourire, et une belle dose d’optimisme.
Bref, Brooklyn Castle m’a agréablement surpris. C’est un documentaire qui prouve que le talent ne se mesure pas au portefeuille, et que l’école publique peut encore être un formidable tremplin. Si vous aimez les belles histoires humaines, les retournements de situation façon "David contre Goliath", et les parties d’échecs intenses sans avoir à comprendre toutes les règles... foncez.