A Curaçao, Kenza, 11 ans, grandit avec son père policier et son grand-père. Rares sont les films venant des Antilles néerlandaises et plus précisément de Curaçao, plus connu pour sa liqueur que pour son cinéma. Buladó est loin d'être spectaculaire mais son réalisme magique, qui s'incarne dans le personnage du grand-père, est prenant et subjugue par sa poésie. Kenza, cette fillette qui n'a jamais connu sa mère et qui se rebelle contre un père pourtant peu autoritaire est le symbole d'une nouvelle génération qui s'éloigne du matérialisme de la précédente pour adhérer à une vision du monde plus traditionnelle, peuplée d'esprits que le vent vient parfois réanimer. Il y a certainement des lacunes dans le récit, souvent contemplatif, mais elles sont compensées par la sûreté de la mise en scène, la beauté des paysages et une partition musicale d'une extrême douceur.