Et pourquoi pas, après tout ?
Bunraku (à la base une sorte de théâtre de marionnettes japonais) ne m'est pas apparu comme un mauvais film. J'ai lu quelques critiques avant de composer la mienne et en ai trouvé de pas mal acerbes, notamment envers le réalisateur Guy Moshe, accusé d'avoir pompé ça et là des influences comme un malpropre pour composer un patchwork ni délicat ni esthétique.
Et pourquoi pas, après tout ?
J'ai aimé Bunraku. Les références sont pas fines, ça on ne peut pas le nier, mais je ne peux pas avoir de mépris pour des gens qui ont voulu créer leur univers, leur terrain de jeu. Bunraku, c'est exactement ça : c'est l'oeuvre d'un réal qui a tout mis en place pour se faire manifestement plaisir.
On y trouve donc de l'esthétique théâtre de papier mais aussi du western, du chambara, du film noir, quelques morceaux de trips "jeu vidéo" à la Scott Pilgrim... le tout intégré dans un Sin City à peine déguisé avec son histoire de ville aux mains d'un gang qui fait la loi et tout et tout. Bien qu'utilisant des codes connus voire usités, le film se paie tout de même le luxe d'être original, que ce soit dans son esthétique et ses décors tout en papier/carton mais aussi dans son univers crée de toutes pièces. C'est appréciable.
L'action, qui à la part belle après les phases d'introduction des personnages (quelques longueurs sont à déplorer pour ces dernières) n'est pas la mieux filmée et la plus dynamique qui soit dans son ensemble mais le film nous étonne souvent par d'étonnantes chorégraphies ou ses choix de mise en scène : c'est commun lors de plans classiques mais ça décolle bien vite dès que Guy Moshe tente des trucs. Un bon point.
Ce qui m'a le plus gêné dans Bunraku sont les dialogues, pas authentiques pour deux sous : on a limite l'impression que tout le monde parle en proverbes ou en punchlines.
Enfin, Bunraku est un bon film et les gens qui cherchent quelqu'un chose de rafraichissant dans leur filmographie peuvent y foncer. Si j'admets sans problème qu'on puisse être moins enjoué que moi, je suis tout de même peiné de voir que ce pauvre Guy Moshe se voit trainé dans la boue alors qu'il nous propose quelque chose de pas mal audacieux (rien que visuellement).