Sujet très basique et pourtant tristement sur le devant de la scène depuis plusieurs mois, le chômage et son personnage souvent déprimant du demandeur d'emploi revient dans ce documentaire belge.
Disons-le d'emblée : le film est cinématographiquement très faible. Il faut dire que l'idée forte de la mise en scène (un champ-contrechamp soulignant la dualité, et la faible présence du contrechamp renforçant la solitude du demandeur d'emploi autant qu'elle renforce notre position de juge moral) se suffit à elle-même, mais tenir 1h20 comme ça n'est pas facile, surtout quand les divers intervenants ne sont pas égaux en puissance dramatique. Tout cela sans oublier quelques scènes, ça et là, qui cassent le rythme, le concept, veulent donner à voir la vie des employés du bureau de chômage, au fond très humain, mais qui ne fonctionnent pas ici.
Car le sujet du film, c'est bien le caractère inhumain de cette chasse au chômeur. Les cinéastes ont l'intelligence d'aligner des personnages qui ne se ressemblent pas, vieil ouvrier désabusé et jeune diplômé enthousiaste, femme battante et tire-au-flanc qui ne s'en cache qu'à moitié. Toute la richesse du documentaire réside dans cette mosaïque d'êtres cassés, brisés, qui tentent ou non de survivre. C'est d'autant plus interpellant que la plupart se heurtent, finalement, à un mur avant tout administratif et non humain. On comprend la difficile position des employés du bureau de chômage, mais on ne peut s'empêcher de vouloir aider une bonne partie des victimes du système. L'horreur étant que chacun d'entre nous est susceptible de devenir personnage de ce film.
Imparfait, c'est vrai, mais terriblement percutant.